Votre point d’eau cache-t-il une plante invasive ?

À plusieurs reprises, dans Le Courrier de la Lesse, sur nos réseaux sociaux ou encore via les bulletins communaux, nous avons insisté sur l’importance de détecter rapidement et de manière précoce, les plantes exotiques envahissantes, et en particulier celles qui s’installent dans les milieux aquatiques. Les points d’eau constituent un véritable havre de biodiversité pour de nombreuses plantes et animaux indigènes. Mais il arrive que des espèces exotiques y soient introduites, volontairement, pour oxygéner un étang ou simplement embellir une mare, ou encore, accidentellement. Le problème ? Une fois installées, certaines d’entre elles peuvent rapidement prendre beaucoup de place. Ces plantes exotiques envahissantes finissent par former des tapis denses sur l’eau et peuvent rapidement devenir « hors de contrôle ». Elles concurrencent la végétation indigène, empêchent la lumière de pénétrer et font progressivement disparaître toute vie sous l’eau. Parmi les espèces auxquelles il faut être attentif, on peut citer notamment la crassule des étangs, le lysichiton américain, la jussie ou le myriophylle du Brésil. Pour les identifier, consultez le site www.riparias.be/fr ou https://biodiversite.wallonie.be/home/agir/especes-exotiques-envahissantes.html. Vous avez envie d’embellir votre point d’eau ? Pour protéger la biodiversité sur ces plans d’eau, il est recommandé de bien se renseigner avant d’introduire une plante et de favoriser exclusivement les plantes indigènes. Vous avez un doute sur une plante ? Votre aide est précieuse ! Vous pouvez nous aider dans la lutte contre les espèces exotiques envahissantes (EEE) aquatiques en les signalant. Vous pouvez utiliser des applications comme ObsIdentify ou iNaturalist. Elles peuvent vous aider à identifier une plante et, en enregistrant votre observation, contribuer à faire remonter l’information. Et si vous pensez avoir repéré une espèce exotique envahissante dans votre mare, votre étang ou votre bassin, n’hésitez pas à nous contacter ! Notre équipe peut vous aider à identifier la plante et, si nécessaire, organiser une visite sur place. Votre vigilance peut faire toute la différence : plus une espèce envahissante est détectée tôt, plus il est possible d’agir avant qu’elle ne devienne difficile à maîtriser.

L’hydrologie régénérative en milieu agricole

Ces dernières années, les périodes estivales sont marquées par des évènements extrêmes, des fortes précipitations entrainant des inondations à des longues périodes de sécheresse et de canicule. Face à l’augmentation de la fréquence et de l’intensité de ces évènements, il est important de modifier notre système agricole afin de s’y adapter pour continuer à produire des denrées alimentaires. En début de cette période estivale, notre chargée inondation a visité la ferme BRIOAAA à Upigny qui applique le concept de l’hydrologie régénérative, en plus, de ne pas utiliser de produits phyto-sanitaires. L’hydrologie régénérative qu’est-ce que c’est ? C’est utiliser le paysage pour régénérer les cycles de l’eau en ralentissant, en répartissant, en infiltrant, en stockant et en évapotranspirant l’eau par les végétaux. C’est rendre le paysage plus perméable dans un contexte, aujourd’hui, où le passage de l’eau a été accéléré et empêché de s’infiltrer en imperméabilisant les surfaces. Le concept de l’hydrologie régénérative favorise l’infiltration et la rétention de l’eau là où elle tombe ce qui permet de diminuer l’impact des inondations – jusqu’à 30% en fonction du nombre de dispositif mis en place (Voir étude MODREC – ULiège). Qu’est-ce que la ferme a mis en place ? – Morcelage de parcelles afin de gérer les eaux sur de plus petites superficies (passage de 30 ha à 3 ha) ; – Sur une même parcelle, cultiver plusieurs cultures. Un environnement présentant différentes espèces est plus résistant face aux perturbations ; – Mise en place de noues et de mares qui permettent de stocker et de ralentir les eaux ; – Plantations de jeunes haies et de bandes enherbées (d’une largeur entre 10 à 20 m) entre les parcelles afin de limiter l’érosion des sols lors du lessivage des pluies. Cela permet de maintenir la fertilité des terres ; – Concept du sol vivant en évitant toute pollution des sols et en favorisant le recyclage de la matière organique (hausse du taux de matière organique = meilleure rétention d’eau) tout en évitant les labours profonds du sol qui le détruise et l’appauvrisse (un sol pauvre en biodiversité n’est pas productif) ; – Couverture du sol de 100 % (plantations de luzernes et associations culturales) ce qui permet de maintenir les particules de sol sur la parcelle en empêchant tout lessivage lors des précipitations tout en produisant de la biomasse. La mise en place de ces aménagements permet aussi de favoriser la biodiversité qui rend des services écosystémiques (lutte contre les ravageurs, pollinisation, etc) et améliore le rendement agricole. Les observations concrètes ? • Des parcelles plus vertes et plus productives,• Des parcelles pleines de vie (pollinisateurs, oiseaux, mammifères),• Un paysage plus varié en termes de structures. Comment peut-on agir afin de favoriser de tels paysagse ?Le choix de notre alimentation reflète les pratiques de notre société. Souce image: Terre Vivante

Quand la nature devient notre meilleure protection…

Ces dernières semaines, plusieurs incendies ont touché des espaces naturels et agricoles en Belgique notamment dans les Hautes Fagnes, mais aussi tout près de chez nous à Wellin et Rochefort notamment. Derrière ces événements majeurs, un élément central : l’eau. L’eau qui manque cruellement lorsque les pluies se font rares et que les sols s’assèchent, créant un terrain propice aux départs de feu. Mais aussi l’eau indispensable pour éteindre les flammes, protéger nos habitations et préserver les milieux naturels. Ces épisodes rappellent la vulnérabilité de notre territoire face au changement climatique. Ils nous invitent surtout à changer de regard : l’eau ne doit plus être considérée comme une ressource disponible à l’infini, mais comme un bien précieux à préserver tout au long de l’année. L’importance des zones humides Cette réflexion ne doit pas s’éveiller uniquement lorsque les cours d’eau sont au plus bas ou lorsqu’un incendie se déclare. Elle s’inscrit au cœur de nos paysages, à travers la préservation et la restauration de zones humides. Ces écosystèmes jouent le rôle fondamental d’éponges naturelles. En période de fortes pluies ou de crues, elles absorbent les excès d’eau, ralentissent le ruissellement et stockent un maximum pour éviter l’inondation des infrastructures en aval. En période de sécheresse, elles restituent lentement l’eau emmagasinée, soutiennent le débit des rivières, maintiennent l’humidité des sols et rechargent les nappes phréatiques. En protégeant ces zones, nous créons des pares-feux naturels et préservons la biodiversité locale ; sans oublier leurs nombreux autres bienfaits, de l’épuration naturelle de l’eau au stockage massif du carbone, par exemple. Agir en amont pour renforcer notre résilience La gestion durable de l’eau nécessite une vision globale et proactive. Aménagement du territoire : maintenir des sols perméables pour favoriser l’infiltration à la source. Gestion des eaux pluviales : stocker et réutiliser l’eau de pluie au niveau individuel et collectif plutôt que de la rejeter directement aux égouts. Consommation raisonnée : adopter de petits gestes au quotidien, avant même l’apparition des arrêtés de restriction. Préserver l’eau aujourd’hui, c’est travailler à la résilience de notre territoire pour demain. Si vous souhaitez en savoir plus, nous vous invitons à découvrir la courte interview (RTBF) d’Aurore Dégré, Professeure en Hydrologie, Physique des sols, Conservation des sols: https://www.facebook.com/reel/919853874498801 Merci aux équipes de terrain Bravo à toutes les personnes mobilisées sur le terrain ces dernières semaines : pompiers, services communaux, agents DNF, agriculteurs, bénévoles, citoyens qui ont contribué à protéger les espaces naturels. L’eau est une ressource essentielle du quotidien. La réflexion autour de sa gestion et de sa protection doit l’être tout autant. C’est précisément l’un des rôles principaux des Contrats de Rivière en Wallonie : rassembler tous les acteurs du territoire pour se concerter, préserver et gérer durablement nos bassins versants au quotidien.

Des invasives dans votre jardin?

On vous a souvent parlé des plantes invasives dans vos mares, étangs, le long des cours d’eau mais saviez-vous que vos jardins, parterres, massifs ou plates-bandes pourrait aussi accueillir des espèces exotiques envahissantes (EEE) sans que vous en soyez au courant ? Le solidage géant ou du Canada, les spirées américaines, le sumac de Virginie ou encore l’herbe de la Pampa pourpre, toutes ces plantes ornementales que vous retrouvez peut-être chez vous sont des plantes reprises soit dans la liste européenne des EEE soit dans les listes du Gouvernement wallon. Pour vérifier si une plante se retrouve sur une des listes, n’hésitez pas à consulter le site : https://biodiversite.wallonie.be/home/agir/especes-exotiques-envahissantes.html. Vous ne connaissez pas le nom d’une fleur dans votre jardin ? Alors vous pouvez utiliser des applications comme iNaturalist ou ObsIdentify. Celles-ci permettent de vous donner une idée plus précise de l’espèce que vous voyez. Si la plante est bien une exotique envahissante, n’hésitez pas à faire remonter l’information en enregistrant votre observation via l’application. Si la plante observée se retrouve dans la liste européenne, il est interdit de la commercialiser, de l’introduire dans le milieu naturel ou même d’en donner des graines ou des fleurs à vos connaissances qui trouvent cette plante très jolie ! De même, leur plantation est prohibée et les dépôts de gestion (taille, coupe, tonte, etc.) de ces plantes avec vos déchets verts (dans votre compost par exemple) est interdit. Globalement, dans votre jardin, préférez à chaque plantation des essences indigènes (plus adaptées à nos climats et surtout qui font partie de notre écosystème). Si, toutefois, dans une jardinerie, vous avez un coup de cœur pour une plante, une fleur, un arbre, pensez à vérifier son potentiel invasif avant de l’installer chez vous ! Il faut prévenir leur propagation à tout prix afin de limiter les coûts que ces espèces pourront engendrer plus tard: pour les écosystèmes, pour la santé et pour tous les impacts économiques entre frais de gestion et dommages aux infrastructures.