Rencontre sauvage: la musaraigne aquatique

La musaraigne aquatique (Neomys fodiens) est un petit mammifère présent dans une grande partie de la Belgique. Elle vit principalement près des ruisseaux, des rivières, des mares et des zones humides. Elle est assez largement répartie, mais elle n’est pas très abondante partout. Elle est notamment plus présente dans le sud de la Belgique, où les milieux aquatiques sont favorables en raison de la présence de cours d’eau naturels, de berges sauvages et d’une meilleure qualité de l’eau. Ses pattes et sa queue sont bordées de petits poils qui l’aident à nager et à plonger. Elle se nourrit principalement de petits animaux aquatiques, comme des larves d’insectes, des crustacés et des vers. Une anecdote étonnante : la musaraigne aquatique possède une salive légèrement venimeuse. Elle peut ainsi immobiliser certaines de ses petites proies grâce à des substances toxiques présentes dans sa salive. Elle est également capable de plonger sous l’eau pendant plusieurs dizaines de secondes pour chasser. La musaraigne aquatique est une espèce protégée en Wallonie ; il est interdit de la capturer ou de la tuer intentionnellement. Très discrète et souvent active la nuit, elle est difficile à observer. La préservation des cours d’eau, des berges naturelles et des zones humides est donc importante pour maintenir ses populations. Source photo: www.pronatura.ch
Des arbres têtards pour renforcer les ressources fourragères!

Notre partenaire, le parc Naturel Ardenne-Méridionale a mis sur pied un programme de replantation d’arbres têtards. En collaboration avec la pépinière Gailly-Jourdan de Paliseul, ils ont produit 1.000 arbres têtards pour les offrir aux éleveurs du territoire qui souhaitent s’engager volontairement dans une démarche de complément fourrager. Mais qu’est-ce qu’un arbre têtard? Il s’agit d’un arbre dont les branches sont régulièrement taillées à une certaine hauteur du tronc. Cette taille répétée forme progressivement une « tête » caractéristique et permet de produire régulièrement du feuillage et du bois, tout en conservant l’arbre pendant de nombreuses années. Dans les pâtures, les arbres têtards peuvent présenter plusieurs avantages : – un complément fourrager grâce à leur feuillage ;– une ressource supplémentaire en période de sécheresse, lorsque les prairies produisent moins ;– une alimentation plus diversifiée pour le bétail ;– un intérêt pour la biodiversité, en offrant nourriture et habitats à de nombreuses espèces ;– une protection des sols et une régulation de l’eau, notamment grâce au rôle des arbres dans l’infiltration et la limitation du ruissellement ;– une valorisation durable des arbres et des paysages agricoles. En cette année de sécheresse et de canicule qui a contraint certains éleveurs à entamer leurs réserves de foin prévues pour l’hiver, ce type de projet prend vraiment tout son sens ! Des analyses nutritionnelles montrent que, pour le peuplier, la digestibilité est comparable à celle du raygrass anglais. Cinq ans sont nécessaires pour obtenir un arbre têtard prêt à supporter la cohabitation avec le bétail. Les premières distributions sont programmées pour l’automne 2028. Si vous êtes agriculteur sur le territoire du parc et que vous souhaitez intégrer ce projet de complément fourrager, contactez le parc naturel : sylvie.laurant@ardenne-meridionale.be ou 0470/61.02.67 (sans engagement). Plus d’infos sur le site du Parc naturel Ardenne-Méridionale : https://www.ardenne-meridionale.be/
Votre point d’eau cache-t-il une plante invasive ?

À plusieurs reprises, dans Le Courrier de la Lesse, sur nos réseaux sociaux ou encore via les bulletins communaux, nous avons insisté sur l’importance de détecter rapidement et de manière précoce, les plantes exotiques envahissantes, et en particulier celles qui s’installent dans les milieux aquatiques. Les points d’eau constituent un véritable havre de biodiversité pour de nombreuses plantes et animaux indigènes. Mais il arrive que des espèces exotiques y soient introduites, volontairement, pour oxygéner un étang ou simplement embellir une mare, ou encore, accidentellement. Le problème ? Une fois installées, certaines d’entre elles peuvent rapidement prendre beaucoup de place. Ces plantes exotiques envahissantes finissent par former des tapis denses sur l’eau et peuvent rapidement devenir « hors de contrôle ». Elles concurrencent la végétation indigène, empêchent la lumière de pénétrer et font progressivement disparaître toute vie sous l’eau. Parmi les espèces auxquelles il faut être attentif, on peut citer notamment la crassule des étangs, le lysichiton américain, la jussie ou le myriophylle du Brésil. Pour les identifier, consultez le site www.riparias.be/fr ou https://biodiversite.wallonie.be/home/agir/especes-exotiques-envahissantes.html. Vous avez envie d’embellir votre point d’eau ? Pour protéger la biodiversité sur ces plans d’eau, il est recommandé de bien se renseigner avant d’introduire une plante et de favoriser exclusivement les plantes indigènes. Vous avez un doute sur une plante ? Votre aide est précieuse ! Vous pouvez nous aider dans la lutte contre les espèces exotiques envahissantes (EEE) aquatiques en les signalant. Vous pouvez utiliser des applications comme ObsIdentify ou iNaturalist. Elles peuvent vous aider à identifier une plante et, en enregistrant votre observation, contribuer à faire remonter l’information. Et si vous pensez avoir repéré une espèce exotique envahissante dans votre mare, votre étang ou votre bassin, n’hésitez pas à nous contacter ! Notre équipe peut vous aider à identifier la plante et, si nécessaire, organiser une visite sur place. Votre vigilance peut faire toute la différence : plus une espèce envahissante est détectée tôt, plus il est possible d’agir avant qu’elle ne devienne difficile à maîtriser.
L’hydrologie régénérative en milieu agricole

Ces dernières années, les périodes estivales sont marquées par des évènements extrêmes, des fortes précipitations entrainant des inondations à des longues périodes de sécheresse et de canicule. Face à l’augmentation de la fréquence et de l’intensité de ces évènements, il est important de modifier notre système agricole afin de s’y adapter pour continuer à produire des denrées alimentaires. En début de cette période estivale, notre chargée inondation a visité la ferme BRIOAAA à Upigny qui applique le concept de l’hydrologie régénérative, en plus, de ne pas utiliser de produits phyto-sanitaires. L’hydrologie régénérative qu’est-ce que c’est ? C’est utiliser le paysage pour régénérer les cycles de l’eau en ralentissant, en répartissant, en infiltrant, en stockant et en évapotranspirant l’eau par les végétaux. C’est rendre le paysage plus perméable dans un contexte, aujourd’hui, où le passage de l’eau a été accéléré et empêché de s’infiltrer en imperméabilisant les surfaces. Le concept de l’hydrologie régénérative favorise l’infiltration et la rétention de l’eau là où elle tombe ce qui permet de diminuer l’impact des inondations – jusqu’à 30% en fonction du nombre de dispositif mis en place (Voir étude MODREC – ULiège). Qu’est-ce que la ferme a mis en place ? – Morcelage de parcelles afin de gérer les eaux sur de plus petites superficies (passage de 30 ha à 3 ha) ; – Sur une même parcelle, cultiver plusieurs cultures. Un environnement présentant différentes espèces est plus résistant face aux perturbations ; – Mise en place de noues et de mares qui permettent de stocker et de ralentir les eaux ; – Plantations de jeunes haies et de bandes enherbées (d’une largeur entre 10 à 20 m) entre les parcelles afin de limiter l’érosion des sols lors du lessivage des pluies. Cela permet de maintenir la fertilité des terres ; – Concept du sol vivant en évitant toute pollution des sols et en favorisant le recyclage de la matière organique (hausse du taux de matière organique = meilleure rétention d’eau) tout en évitant les labours profonds du sol qui le détruise et l’appauvrisse (un sol pauvre en biodiversité n’est pas productif) ; – Couverture du sol de 100 % (plantations de luzernes et associations culturales) ce qui permet de maintenir les particules de sol sur la parcelle en empêchant tout lessivage lors des précipitations tout en produisant de la biomasse. La mise en place de ces aménagements permet aussi de favoriser la biodiversité qui rend des services écosystémiques (lutte contre les ravageurs, pollinisation, etc) et améliore le rendement agricole. Les observations concrètes ? • Des parcelles plus vertes et plus productives,• Des parcelles pleines de vie (pollinisateurs, oiseaux, mammifères),• Un paysage plus varié en termes de structures. Comment peut-on agir afin de favoriser de tels paysagse ?Le choix de notre alimentation reflète les pratiques de notre société. Souce image: Terre Vivante