Des invasives dans votre jardin?

On vous a souvent parlé des plantes invasives dans vos mares, étangs, le long des cours d’eau mais saviez-vous que vos jardins, parterres, massifs ou plates-bandes pourrait aussi accueillir des espèces exotiques envahissantes (EEE) sans que vous en soyez au courant ? Le solidage géant ou du Canada, les spirées américaines, le sumac de Virginie ou encore l’herbe de la Pampa pourpre, toutes ces plantes ornementales que vous retrouvez peut-être chez vous sont des plantes reprises soit dans la liste européenne des EEE soit dans les listes du Gouvernement wallon. Pour vérifier si une plante se retrouve sur une des listes, n’hésitez pas à consulter le site : https://biodiversite.wallonie.be/home/agir/especes-exotiques-envahissantes.html. Vous ne connaissez pas le nom d’une fleur dans votre jardin ? Alors vous pouvez utiliser des applications comme iNaturalist ou ObsIdentify. Celles-ci permettent de vous donner une idée plus précise de l’espèce que vous voyez. Si la plante est bien une exotique envahissante, n’hésitez pas à faire remonter l’information en enregistrant votre observation via l’application. Si la plante observée se retrouve dans la liste européenne, il est interdit de la commercialiser, de l’introduire dans le milieu naturel ou même d’en donner des graines ou des fleurs à vos connaissances qui trouvent cette plante très jolie ! De même, leur plantation est prohibée et les dépôts de gestion (taille, coupe, tonte, etc.) de ces plantes avec vos déchets verts (dans votre compost par exemple) est interdit. Globalement, dans votre jardin, préférez à chaque plantation des essences indigènes (plus adaptées à nos climats et surtout qui font partie de notre écosystème). Si, toutefois, dans une jardinerie, vous avez un coup de cœur pour une plante, une fleur, un arbre, pensez à vérifier son potentiel invasif avant de l’installer chez vous ! Il faut prévenir leur propagation à tout prix afin de limiter les coûts que ces espèces pourront engendrer plus tard: pour les écosystèmes, pour la santé et pour tous les impacts économiques entre frais de gestion et dommages aux infrastructures.

Formation des ouvriers communaux en tant qu’éco-cantonnier

Un premier cycle de formation réussi et de nouveaux en préparation! Lancé en novembre 2025 par le Contrat de Rivière Lesse et ses partenaires, le projet pilote « Éco-cantonnier » s’est achevé après plusieurs mois de formation et d’échanges. Au total, neuf modules ont permis aux ouvriers communaux et aux agents des communes participantes d’acquérir de nouvelles connaissances pour mieux comprendre les phénomènes d’inondation et intervenir à l’échelle du bassin versant. Les participants ont ainsi abordé des thématiques variées telles que le ruissellement, les aménagements favorables à la gestion de l’eau, l’analyse de situations de terrain, la gestion des embâcles, la cohabitation avec le castor ou encore la reconnaissance et la gestion des espèces exotiques envahissantes. Ce projet a également permis de renforcer les échanges entre les communes de Beauraing, Houyet, Marche-en-Famenne et Rochefort, ainsi qu’avec de nombreux partenaires tels que Natagriwal, GISER (Gestion Intégrée Sol Erosion-Ruissellement), la DCENN (Service Public de Wallonie), Natagora, le Contrat de Rivière Senne et le Contrat de Rivière Lesse. Une dynamique de collaboration essentielle pour développer une approche cohérente de la gestion des inondations à l’échelle du territoire. Et maintenant ? Ce premier cycle n’est qu’une étape. Les enseignements tirés de cette expérience seront prochainement présentés aux Contrats de Rivière de Wallonie, avec l’ambition de développer cette initiative dans d’autres sous-bassins. Sur le territoire de la Lesse, un nouveau cycle de formation sera proposé aux autres communes partenaires dès 2027, tandis que les premiers éco-cantonniers bénéficieront de modules complémentaires afin de poursuivre le développement de leurs compétences. Parce que face aux défis liés aux inondations, la formation, le partage d’expériences et la coopération restent des leviers essentiels pour construire des territoires plus résilients.

Il y a 5 ans, les inondations…

En juillet 2026, la Wallonie a tristement commémoré les cinq ans des inondations qui ont profondément marqué notre territoire. Ces événements restent gravés dans la mémoire de nombreux citoyens, mais ils rappellent également l’importance de poursuivre les efforts engagés pour mieux prévenir les risques et renforcer la résilience de nos territoires. Depuis fin décembre 2023, les Contrats de Rivière de Wallonie se sont vu confier une mission supplémentaire : développer et travailler sur la résilience du territoire face aux inondations. Voici ci-dessous un explicatif de cette mission : Développer la mémoire du risque Avec le temps, les souvenirs s’estompent. Pourtant, se souvenir des événements passés est indispensable pour mieux préparer l’avenir. La prise de conscience favorise la prévention, aide à faire les bons choix et permet de réduire notre vulnérabilité. Après une crue, on estime que la mémoire des inondations peut s’effacer progressivement au bout d’une dizaine d’années. Si après 5 années, les événements sont encore bien frais dans notre mémoire, qu’en sera-t-il dans quelques années, pour les nouveaux habitants ou simplement les promeneurs de passages dans notre région… Il est normal que la mémoire de ces événements s’efface, mais il est aussi important d’en garder une trace et de pouvoir visualiser concrètement ce qui a déjà eu lieu par le passé. C’est dans cet esprit que le Service public de Wallonie propose les repères de crue. Ces plaques, apposées sur les bâtiments ayant été touchés par une inondation, indiquent le niveau atteint par les eaux. Elles constituent un témoignage visible des événements passés et rappellent que le risque existe, même lorsque les traces de la crue ont disparu. Des outils concrets pour le citoyen La culture du risque passe aussi par des outils simples et accessibles. Les Contrats de Rivière de Wallonie ont ainsi développé plusieurs supports destinés à accompagner les citoyens : Autant d’outils qui ont un même objectif : mieux comprendre les mécanismes des inondations afin d’être mieux préparés.

Alerte sur les potentielles Espèces Exotiques Envahissantes : la vanille d’eau, une magnifique plante aquatique venue d’Afrique du Sud

Cette plante avec son doux nom latin d’Aponogeton distachyos, fait des fleurs étonnantes, à forte odeur de vanille. Utilisée comme ornement dans les points d’eau, elle possède de longues feuilles flottantes et fines pouvant atteindre jusqu’à 30 cm de longueur. Ses fleurs blanches ou roses pâles émergent au-dessus de l’eau sur de longues tiges, généralement à la fin du printemps et en été. Ses feuilles peuvent faire penser à nos potamots indigènes mais, alors que les nervures sont parallèles chez les potamots, elles sont perpendiculaires chez la vanille d’eau. Ce détail permet de les distinguer. Bien que cette plante soit en vente, nos collègues du LIFE RIPARIAS l’ont placée sur une liste d’alerte : encore peu répandues sur le territoire, ces plantes sont cependant connues pour être envahissantes dans les zones voisines. Elles méritent donc toute notre attention : comme nous vous l’avions déjà indiqué, une vigilance active des points existants et une détection précoce de nouveaux foyers d’implantation permet d’évaluer son expansion et prévenir de sa dispersion. Si cette surveillance prouve le caractère invasif alors la plante pourrait passer dans la liste des espèces préoccupantes en Wallonie voire même dans le règlement de l’UE. Pour rappel, les espèces reprises dans cette liste ne peuvent plus être importées en Europe, transportées, mises en vente, échangées, mises en situation de se reproduire ou introduites dans la nature. Ce n’est pas encore le cas pour la vanille d’eau mais comme d’autres plantes et animaux, elle mérite qu’on y réfléchisse : est-ce qu’il n’y a pas une espèce indigène qui remplit le même rôle? Y-a-t-il un risque que la plante se répande dans la nature? Quel sera l’impact sur votre plan d’eau à long terme? Tout cela est crucial pour préserver la biodiversité locale, protéger la santé publique et limiter les coûts économiques futurs. Photo: CR Senne – Article rédigé par Quentin Pirotte, Chargé de mission EEE