Le Gouvernement wallon renforce son partenariat avec les Contrats de Rivière au travers du renouvellement de deux conventions ! Le Gouvernement wallon consolide son partenariat avec les Contrats de Rivière à travers deux conventions pluriannuelles de cinq ans. Cet accord vise un objectif commun : renforcer la résilience des territoires face aux risques d’inondation et améliorer la gestion des espèces exotiques envahissantes. Actifs sur 96 % du territoire, les Contrats de Rivière rassemblent les acteurs locaux autour de la gestion durable des cours d’eau. Leur rôle est essentiel pour prévenir les dommages liés aux crues, accompagner les communes dans la mise en œuvre d’actions concrètes et assurer un suivi de terrain indispensable. ➡️ La première convention porte sur le développement d’outils et de projets destinés à améliorer la résilience du territoire face aux inondations : renforcement de la culture du risque, amélioration de la connaissance du territoire, soutien aux communes pour la mise en œuvre des dispositifs de résilience, dynamisation des comités techniques par sous-bassin et coordination des actions prévues dans les plans régionaux. ➡️ La seconde convention s’articule autour des Espèces Exotiques Envahissantes, aujourd’hui responsables d’une part importante de la dégradation de la biodiversité et d’un risque accru d’instabilité des berges. Deux tiers des espèces préoccupantes pour l’Union européenne sont présentes dans les milieux aquatiques ou rivulaires wallons. Les Contrats de Rivière mèneront six missions : surveillance structurée des EEE, éradication précoce des espèces émergentes, lutte contre la berce du Caucase, gestion des plantes largement répandues, actions de prévention auprès du public, appui au monitoring et à la cohabitation avec le castor européen. Ces actions contribueront à limiter les dommages aux milieux naturels, à réduire les coûts futurs de gestion et à préparer le rapportage européen prévu en 2031. Sources : Anne-Catherine DALCQ – Ministre de l’Agriculture et de la Ruralité, en charge de la Forêt, de la Nature, de la Chasse et de la Pêche & Contrat de Rivière Vesdre – site internet (article web)
Convention CuRI: regard sur 2025
Convention « Culture du risque d’inondation » : un regard sur 2025, cap sur 2026 L’année 2025 a été marquée par la mise en œuvre active de la Convention Culture du risque d’inondation, avec des actions concrètes menées à différents niveaux du territoire. Quelque chiffres pour 2025 sur le territoire de la Lesse : 6 actions de sensibilisation à destination du grand public ; 1 réunion annuelle de concertation entre les gestionnaires des cours d’eau (Région wallonne, Province et communes) ; 4 animations Exact Lab organisées pour les communes ; 5 réunions de terrain, au plus près des réalités locales. Ces actions s’inscrivent dans un travail de fond mené en étroite collaboration avec les acteurs locaux. Au total, plus de 150 projets sont encodés et suivis dans le cadre du cycle de gestion des inondations sur les 19 communes partenaires. Parmi ceux-ci, 113 projets sont actuellement en cours et 28 sont déjà finalisés, illustrant la dynamique engagée et la diversité des actions menées sur le terrain. Ces projets permettent à la fois d’accompagner les communes dans l’élaboration de solutions face aux inondations, de renforcer le dialogue entre gestionnaires du territoire, et de développer des outils concrets, comme la brochure d’autodiagnostic de son habitation face aux inondations, tout en poursuivant un travail de sensibilisation du grand public. 👉 2026 ouvre une nouvelle étape. Une nouvelle Convention, intitulée « Renforcer la résilience du territoire face aux inondations », démarre cette année. Elle reprend les missions de base de la convention précédente et y ajoute une dimension renforcée de travail de terrain. Objectifs 2026 : Identifier les zones du territoire à aménager pour ralentir, répartir, infiltrer et stocker l’eau, Poursuivre une approche intégrée et durable de la gestion du risque d’inondation, au service des territoires et des citoyens.
Déjà 3 ans pour la Convention EEE
Depuis 2022, les 14 Contrats de rivière en Wallonie travaillent avec le SPW pour le suivi et la gestion des Espèces Exotiques Envahissantes (EEE). Plusieurs missions leur ont été attribuées : suivi systématique des populations de berce du Caucase ; inventaire et caractérisation (abondance) de la balsamine de l’Himalaya le long des cours d’eau ; inventaire des mares et étangs pour la détection de plantes exotiques envahissantes; détection d’écrevisses exotiques En parallèle de ces missions, les Contrats de rivière participaient également au monitoring du castor en Wallonie: mettre à jour les données, suivi de nouveaux sites, soutien à la cohabitation,… Après 3 années de travail voici les résultats des différentes missions 1) Chaque année, ce sont plus de 4000 sites de berces du Caucase qui ont été visités pour vérifier la présence/absence de la plante. Dans 2/3 des cas, aucune berce n’a été observée et l’on peut considérer que ces populations sont probablement éradiquées. Les Contrats de rivière ont également participé à la gestion de ces plantes sur 531 sites. 2) Concernant la balsamine de l’Himalya, ce ne sont pas moins de 6664 km de cours d’eau qui ont été inventoriés pour caractériser l’abondance de la plante. 3) Pour les plantes aquatiques exotiques, nous avons inspecté 4933 sites (mares et étangs). Parmi ceux-ci, nous avons observé 729 plantes exotiques émergentes: ces plantes exotiques ont un fort potentiel invasif mais sont encore peu répandues en Wallonie. Comme elles sont peu répandues, nous pouvons espérer limiter leur impact voire les faire disparaitre de nos sous-bassins. C’est pourquoi 57 chantiers de gestion ont été mise en œuvre pour des plantes comme l’hydrocotyle fausse-renoncule, l’élodée dense, le myriophylle aquatique ou encore le lysichiton américain. 4) Nous avons également placé des nasses/pièges dans 877 points d’eau afin de détecter la présence d’écrevisses exotiques. Dans la grande majorité des cas, c’est l’écrevisse signal (Pacifastacus leniusculus) qui a été vue (186 points, 57% des détection). Dans 553 points (63% des cas), aucune écrevisse n’a été observée. 5) Enfin, concernant le castor européen, nous avons parcouru plus de 4.000 km de cours d’eau afin d’analyser ses traces : 2479 km où aucune installation n’a été observée ; 1342 km avec une présence effective et récente du castor ; 182 km de présence ancienne (aucune trace récente observée mais traces d’activité ancienne).
Démarrage du chantier pour ZIT à Grupont (Tellin)
À la suite des inondations de 2021, la commune de Tellin souhaitait s’engager dans une démarche proactive et durable de gestion du risque inondation, reposant sur 3 piliers : L’aménagement du territoire afin de réduire l’exposition des zones à risque ; La mise en place d’infrastructures adaptées, capables d’atténuer les crues ; La sensibilisation citoyenne afin de renforcer la culture du risque et la résilience collective. Une étude hydrologique et hydraulique du bassin versant du Ry d’Awenne a permis de mettre en avant l’utilité d’aménager des zones de stockage en amont du cours d’eau. Dans le cadre du Plan de Relance de la Wallonie et d’un appel à projet, la commune de Tellin, en partenariat avec IDELUX Eau & le Contrat de Rivière Lesse, a déposé un projet intitulé « Aménagement d’ouvrages de retenue (Zone d’Immersion Temporaire – ZIT) et aménagements favorisant la biodiversité le long du cours d’eau du Ry d’Awenne en amont du village de Grupont (Commune de Tellin) ». Le projet qui a été retenu consiste donc en l’aménagement de 2 zones d’immersion servant à stocker de grandes quantités d’eau permettant ainsi de gérer les débits du cours d’eau. Ceci, afin de limiter les impacts, en aval des digues, des événements pluvieux ayant une période de retour de 10 ans. Les travaux ont débuté en novembre 2025 pour une durée d’un an. Actuellement une déviation a été réalisée pour ne pas perturber le cours d’eau et un sauvetage des poissons a été effectuée par le Département Nature & Forêt. Et sur la ZIT à Masbourg, où en sont les travaux ? Actuellement, les travaux préparatoires et le chemin d’accès ont été réalisés et les ouvrages de franchissement de cours d’eau ont été finalisés. Les étapes de construction d’ouvrage de régulation et du corps de digue ont quant à eux démarré et le chantier reprendra dès janvier 2026.
Vivre avec le castor
Le castor est une espèce de rongeur indigène: présent dans toute l’Europe jusqu’au Moyen-Âge, il a peu à peu disparu, pourchassé pour sa fourrure et son castoréum (sécrétion odorante utilisée en parfumerie). Il a fini par disparaitre complètement de Belgique vers 1850 avant de revenir en force sur notre territoire via une colonisation naturelle depuis l’Allemagne et des réintroductions illégales dans les années 90. Mais pourquoi cet animal engendre tant de réactions? Cela tient du fait qu’il va modifier profondément son milieu de vie tout comme les humains et dans un territoire où l’homme s’est approprié chaque parcelle, cela génère forcément des conflits. Pourtant, au final, le castor ne fait que construire son habitat (terrier ou hutte), assurer sa sécurité grâce à des barrages (maintenir l’entrée de son logis sous eau) et gérer ses ressources alimentaires (couper des grands arbres pour éclaircir et laisser pousser de jeunes plants). Il est vrai que son activité se heurte à l’occupation par l’homme: exploitation forestière, parcours de pêche, parcelles agricoles voire zone urbanisée. Cela peut générer des désagréments, parfois des frictions et remet sur la table la question du partage de l’espace. Vivre avec un castor comme voisin n’est pas toujours simple. Pourtant, la destruction de ses barrages n’est qu’une solution à (très) court terme: parfois difficile à réaliser (accès machine, quantité de matière, etc.), le castor n’hésitera pas à reconstruire encore et encore son ouvrage. Piéger les individus n’est pas plus efficient. Cela soulève d’abord la question du lieu de relâchement de l’animal capturé et, à plus long terme, n’empêche pas la recolonisation du site: un autre castor finira tôt ou tard par s’installer dans la zone. Au final, il est important d’arriver à cohabiter avec lui : protéger les arbres que l’on souhaite conserver avec du grillage à poule, réguler le niveau des barrages vie des cages de Morency ou gérer les débordements peuvent être des solutions pour vivre avec le castor. Toutefois, même si les aspects négatifs ne sont pas toujours négligeables, la cohabitation avec le castor peut nous apporter de nombreux bénéficies : Pour la biodiversité: les zones créées par le castor contiennent une mosaïque de situations et de micro-habitats aquatiques ou semi-aquatiques. Habitats qui sont en régression partout ailleurs. Pour lutter contre les sécheresses et les incendies: en stockant de l’eau, les barrages de castor permettent de réhydrater les sols et maintenir un niveau d’eau en aval lors des périodes d’étiages. De plus, en maintenant les fonds de vallées hydratés, le castor va limiter la propagation des feux de forêts et créer des zones refuges pour la faune. Pour lutter contre les inondations : l’eau est ralentie, s’infiltre dans le sol, en somme elle dévale moins vite et en moindre quantité plus bas dans la vallée. Pour la qualité de l’eau: retenue par les barrages, des eaux chargées (engrais, pesticides, égouts) s’épurent naturellement par un effet lagunage et cela limite l’eutrophisation de nos rivières. Pour réapprendre à partager le territoire: le castor nous enseigne de manière très visible que nous ne sommes pas les seuls en tant qu’être humain à occuper le sol, laisser la place à la nature est essentiel. Pour rappel, le castor et son habitat restent protégés en Belgique. Au final, le castor nous met au défi: se questionner sur notre accaparation de l’espace et sur le fait de lâcher prise pour que la nature reprenne ses droits dans certaines étendues.
La végétalisation au bord des cours d’eau
La présence de plantes et d’arbres le long de nos rivières et ruisseaux est loin d’être un détail esthétique. Elle joue un rôle fondamental pour la santé de l’eau, des berges et de la biodiversité. Ce concept porte un nom : la ripisylve. Qu’est-ce que la ripisylve ? Le terme ripisylve désigne l’ensemble des formations végétales (arbres, arbustes, herbes) présentes sur les berges et les zones inondables bordant un cours d’eau. C’est en quelque sorte la forêt de la rivière. Cette bande végétalisée est vitale et remplit plusieurs fonctions écologiques essentielles telles que : la stabilisation des berges, la filtration, la création d’habitats, l’ombrage. Contrairement à une idée reçue, laisser les berges à nu n’est pas une solution : l’absence de racines favorise une érosion plus rapide du sol par le courant, menaçant la stabilité de la rive. De même, le dépôt des tontes de pelouse sur les berges est fortement déconseillé. En se décomposant, ces déchets verts libèrent des nutriments qui provoquent l’eutrophisation de l’eau (prolifération d’algues consommatrices d’oxygène) et étouffent la végétation indigène nécessaire à la stabilisation. Comment bien gérer la végétation des berges ? L’idéal est de stabiliser la berge avec des plantations, en privilégiant les essences indigènes naturellement adaptées à cet environnement humide, comme le saule et l’aulne. Pour renforcer l’efficacité des racines et éviter les chutes d’arbres, une technique de gestion courante est le recépage : Il s’agit de tailler les jeunes arbres ou arbustes au ras du sol ou à une faible hauteur. Au lieu de pousser en tronc unique, l’arbre réagit en produisant de nombreuses nouvelles tiges, formant un “buisson” dense. Ce mode de croissance permet de densifier l’enracinement et de rendre la berge plus solide. Souvent, on opte pour un mix entre cette technique (pour la densité racinaire au bord de l’eau) et le maintien de quelques arbres plus hauts (pour l’ombrage et l’habitat). Attention à la réglementation ! Il est important de noter que vous ne pouvez pas planter ou intervenir sur les berges comme bon vous semble. La réglementation impose des règles strictes pour les plantations, notamment une distance minimale de la crête de berge (la limite supérieure de la rive) qui peut varier. Ces travaux doivent être réalisés en collaboration avec le gestionnaire de cours d’eau local. N’hésitez donc pas à le contacter avant d’entamer des modifications.






