La présence de plantes et d’arbres le long de nos rivières et ruisseaux est loin d’être un détail esthétique.
Elle joue un rôle fondamental pour la santé de l’eau, des berges et de la biodiversité.
Ce concept porte un nom : la ripisylve.

Qu’est-ce que la ripisylve ?
Le terme ripisylve désigne l’ensemble des formations végétales (arbres, arbustes, herbes) présentes sur les berges et les zones inondables bordant un cours d’eau. C’est en quelque sorte la forêt de la rivière.
Cette bande végétalisée est vitale et remplit plusieurs fonctions écologiques essentielles telles que : la stabilisation des berges, la filtration, la création d’habitats, l’ombrage.
Contrairement à une idée reçue, laisser les berges à nu n’est pas une solution : l’absence de racines favorise une érosion plus rapide du sol par le courant, menaçant la stabilité de la rive.
De même, le dépôt des tontes de pelouse sur les berges est fortement déconseillé. En se décomposant, ces déchets verts libèrent des nutriments qui provoquent l’eutrophisation de l’eau (prolifération d’algues consommatrices d’oxygène) et étouffent la végétation indigène nécessaire à la stabilisation.
Comment bien gérer la végétation des berges ?
L’idéal est de stabiliser la berge avec des plantations, en privilégiant les essences indigènes naturellement adaptées à cet environnement humide, comme le saule et l’aulne. Pour renforcer l’efficacité des racines et éviter les chutes d’arbres, une technique de gestion courante est le recépage :
Il s’agit de tailler les jeunes arbres ou arbustes au ras du sol ou à une faible hauteur. Au lieu de pousser en tronc unique, l’arbre réagit en produisant de nombreuses nouvelles tiges, formant un “buisson” dense. Ce mode de croissance permet de densifier l’enracinement et de rendre la berge plus solide.
Souvent, on opte pour un mix entre cette technique (pour la densité racinaire au bord de l’eau) et le maintien de quelques arbres plus hauts (pour l’ombrage et l’habitat).
Attention à la réglementation !
Il est important de noter que vous ne pouvez pas planter ou intervenir sur les berges comme bon vous semble. La réglementation impose des règles strictes pour les plantations, notamment une distance minimale de la crête de berge (la limite supérieure de la rive) qui peut varier.
Ces travaux doivent être réalisés en collaboration avec le gestionnaire de cours d’eau local. N’hésitez donc pas à le contacter avant d’entamer des modifications.
