Quand la nature devient notre meilleure protection…

Ces dernières semaines, plusieurs incendies ont touché des espaces naturels et agricoles en Belgique notamment dans les Hautes Fagnes, mais aussi tout près de chez nous à Wellin et Rochefort notamment. Derrière ces événements majeurs, un élément central : l’eau. L’eau qui manque cruellement lorsque les pluies se font rares et que les sols s’assèchent, créant un terrain propice aux départs de feu. Mais aussi l’eau indispensable pour éteindre les flammes, protéger nos habitations et préserver les milieux naturels. Ces épisodes rappellent la vulnérabilité de notre territoire face au changement climatique. Ils nous invitent surtout à changer de regard : l’eau ne doit plus être considérée comme une ressource disponible à l’infini, mais comme un bien précieux à préserver tout au long de l’année. L’importance des zones humides Cette réflexion ne doit pas s’éveiller uniquement lorsque les cours d’eau sont au plus bas ou lorsqu’un incendie se déclare. Elle s’inscrit au cœur de nos paysages, à travers la préservation et la restauration de zones humides. Ces écosystèmes jouent le rôle fondamental d’éponges naturelles. En période de fortes pluies ou de crues, elles absorbent les excès d’eau, ralentissent le ruissellement et stockent un maximum pour éviter l’inondation des infrastructures en aval. En période de sécheresse, elles restituent lentement l’eau emmagasinée, soutiennent le débit des rivières, maintiennent l’humidité des sols et rechargent les nappes phréatiques. En protégeant ces zones, nous créons des pares-feux naturels et préservons la biodiversité locale ; sans oublier leurs nombreux autres bienfaits, de l’épuration naturelle de l’eau au stockage massif du carbone, par exemple. Agir en amont pour renforcer notre résilience La gestion durable de l’eau nécessite une vision globale et proactive. Aménagement du territoire : maintenir des sols perméables pour favoriser l’infiltration à la source. Gestion des eaux pluviales : stocker et réutiliser l’eau de pluie au niveau individuel et collectif plutôt que de la rejeter directement aux égouts. Consommation raisonnée : adopter de petits gestes au quotidien, avant même l’apparition des arrêtés de restriction. Préserver l’eau aujourd’hui, c’est travailler à la résilience de notre territoire pour demain. Si vous souhaitez en savoir plus, nous vous invitons à découvrir la courte interview (RTBF) d’Aurore Dégré, Professeure en Hydrologie, Physique des sols, Conservation des sols: https://www.facebook.com/reel/919853874498801 Merci aux équipes de terrain Bravo à toutes les personnes mobilisées sur le terrain ces dernières semaines : pompiers, services communaux, agents DNF, agriculteurs, bénévoles, citoyens qui ont contribué à protéger les espaces naturels. L’eau est une ressource essentielle du quotidien. La réflexion autour de sa gestion et de sa protection doit l’être tout autant. C’est précisément l’un des rôles principaux des Contrats de Rivière en Wallonie : rassembler tous les acteurs du territoire pour se concerter, préserver et gérer durablement nos bassins versants au quotidien.

2 février: Journée Mondiale des Zones Humides!

Pourquoi et comment préserver les zones humides ? Le 2 février n’est pas seulement le jour de la chandeleur. C’est également la Journée mondiale des zones humides ! Qu’est-ce que c’est, une zone humide ? De manière générale, les zones humides sont des étendues de marais, de fagnes, de tourbières ou d’eaux naturelles ou artificielles, permanentes ou temporaires, où l’eau est stagnante ou courante. En Belgique comme ailleurs, les zones humides sont des écosystèmes importants. Parmi les différentes zones présentes sur notre territoire, nous pouvons citer : • les eaux courantes, qui occupent une grande superficie chez nous ; • les eaux stagnantes, telles que les étangs, mares… ; • les zones inondables (prairies humides, forêts alluviales, fonds de vallée, ripisylves…) ; • les zones hydromorphes (tourbières, marais, roselières…). Lorsque la valeur écologique et scientifique d’une zone humide est reconnue par le Gouvernement, on parle alors de zone humide d’intérêt biologique (ZHIB). Quel est leur intérêt ? Les zones humides jouent un rôle essentiel pour l’environnement. 1. Gestion de l’eau Tout d’abord, elles agissent comme des filtres naturels et contribuent à la purification de l’eau grâce aux différents micro-organismes qui les composent et qui ont une action sur les particules polluantes. De plus, elles sont l’une des rares sources d’eau douce sur terre. Les zones humides jouent également un rôle clé dans les cycles hydrologiques : elles stockent l’eau et la libèrent ensuite lentement, contribuant ainsi à la régulation du débit des cours d’eau et des nappes phréatiques (ce qui permet de limiter les risques de crues et d’inondations). 2. Changement climatique Pour les sols et leur biodiversité, elles compensent les sécheresses que nous subissons de plus en plus fréquemment. En milieu urbain, elles permettent de diminuer la température ambiante des villes. De plus, elles jouent un rôle fondamental dans la régulation du climat, en stockant de grandes quantités de carbone, ce qui contribue à lutter contre le changement climatique. 3. Biodiversité Ces zones sont également cruciales pour la biodiversité. Elles abritent une multitude d’espèces animales et végétales, dont certaines sont rares ou en voie de disparition. Pour chacune de ces espèces, les zones humides représentent un lieu de reproduction, de nourriture, de repos. Il est donc indispensable de les conserver et de les restaurer pour garantir la survie de cette faune et flore. Plus encore, il faut repenser nos paysages selon les bons principes du maillage écologique et de la réhabilitation de zones humides. Malheureusement, de nombreuses zones humides sont menacées par l’urbanisation, l’agriculture intensive et le drainage, ce qui compromet leur capacité à remplir leurs fonctions écologiques. Aujourd’hui, les zones humides du monde entier disparaissent 3 fois plus vite que les forêts.De plus, une espèce d’eau douce sur trois ainsi que 25% de toutes les espèces des zones humides sont menacés d’extinction à cause de la disparition de leur milieu de vie (ex : les amphibiens). Il est donc primordial de les préserver et de les restaurer, non seulement pour la faune et la flore, mais aussi pour les services écosystémiques et environnementaux qu’elles fournissent à l’ensemble de la planète. Lorsqu’une zone humide se trouve sur un territoire public, différentes mesures peuvent être prises afin de préserver ces zones et de les mettre en valeur. Il est aussi possible de recréer des zones humides là où il n’y en a plus. Sur notre sous-bassin, des actions sont notamment en cours de réalisation sur les communes de Paliseul et Libin. En étroite collaboration avec le Contrat de Rivière Lesse, le DNF et les communes, des restaurations du régime hydrique de parcelles forestières ont démarré. L’objectif est de désactiver les drains afin que la nappe d’eau reprenne sa hauteur d’origine. Des mares d’aspect et de profondeur variées seront également creusées pour apporter plus de biodiversité à la zone (accueil des amphibiens, oiseaux, etc.). Que dit la législation ? Signée en 1971 à Ramsar (en Iran), la Convention sur les zones humides est l’unique traité environnemental consacré à un écosystème particulier. Son caractère mondial le rend d’autant plus exceptionnel. Sa mission consiste à favoriser partout dans le monde la conservation et l’utilisation rationnelle des zones humides. Il existe également d’autres législations et statuts de protection en Belgique qui règlementent les pratiques au sein de zones d’intérêt biologique. Pour plus d’infos à ce sujet : https://environnement.wallonie.be/legis/ https://biodiversite.wallonie.be/fr/accueil.html?IDC=6 Sources : https://www.adalia.be/sites/default/files/media/resources/Fiche-zones-humides_PoleGD.pdf https://www.e-biom.com/pourquoi-et-comment-preserver-les-zones-humides