L’hydrologie régénérative en milieu agricole

Ces dernières années, les périodes estivales sont marquées par des évènements extrêmes, des fortes précipitations entrainant des inondations à des longues périodes de sécheresse et de canicule. Face à l’augmentation de la fréquence et de l’intensité de ces évènements, il est important de modifier notre système agricole afin de s’y adapter pour continuer à produire des denrées alimentaires. En début de cette période estivale, notre chargée inondation a visité la ferme BRIOAAA à Upigny qui applique le concept de l’hydrologie régénérative, en plus, de ne pas utiliser de produits phyto-sanitaires. L’hydrologie régénérative qu’est-ce que c’est ? C’est utiliser le paysage pour régénérer les cycles de l’eau en ralentissant, en répartissant, en infiltrant, en stockant et en évapotranspirant l’eau par les végétaux. C’est rendre le paysage plus perméable dans un contexte, aujourd’hui, où le passage de l’eau a été accéléré et empêché de s’infiltrer en imperméabilisant les surfaces. Le concept de l’hydrologie régénérative favorise l’infiltration et la rétention de l’eau là où elle tombe ce qui permet de diminuer l’impact des inondations – jusqu’à 30% en fonction du nombre de dispositif mis en place (Voir étude MODREC – ULiège). Qu’est-ce que la ferme a mis en place ? – Morcelage de parcelles afin de gérer les eaux sur de plus petites superficies (passage de 30 ha à 3 ha) ; – Sur une même parcelle, cultiver plusieurs cultures. Un environnement présentant différentes espèces est plus résistant face aux perturbations ; – Mise en place de noues et de mares qui permettent de stocker et de ralentir les eaux ; – Plantations de jeunes haies et de bandes enherbées (d’une largeur entre 10 à 20 m) entre les parcelles afin de limiter l’érosion des sols lors du lessivage des pluies. Cela permet de maintenir la fertilité des terres ; – Concept du sol vivant en évitant toute pollution des sols et en favorisant le recyclage de la matière organique (hausse du taux de matière organique = meilleure rétention d’eau) tout en évitant les labours profonds du sol qui le détruise et l’appauvrisse (un sol pauvre en biodiversité n’est pas productif) ; – Couverture du sol de 100 % (plantations de luzernes et associations culturales) ce qui permet de maintenir les particules de sol sur la parcelle en empêchant tout lessivage lors des précipitations tout en produisant de la biomasse. La mise en place de ces aménagements permet aussi de favoriser la biodiversité qui rend des services écosystémiques (lutte contre les ravageurs, pollinisation, etc) et améliore le rendement agricole. Les observations concrètes ? • Des parcelles plus vertes et plus productives,• Des parcelles pleines de vie (pollinisateurs, oiseaux, mammifères),• Un paysage plus varié en termes de structures. Comment peut-on agir afin de favoriser de tels paysagse ?Le choix de notre alimentation reflète les pratiques de notre société. Souce image: Terre Vivante
Quand la nature devient notre meilleure protection…

Ces dernières semaines, plusieurs incendies ont touché des espaces naturels et agricoles en Belgique notamment dans les Hautes Fagnes, mais aussi tout près de chez nous à Wellin et Rochefort notamment. Derrière ces événements majeurs, un élément central : l’eau. L’eau qui manque cruellement lorsque les pluies se font rares et que les sols s’assèchent, créant un terrain propice aux départs de feu. Mais aussi l’eau indispensable pour éteindre les flammes, protéger nos habitations et préserver les milieux naturels. Ces épisodes rappellent la vulnérabilité de notre territoire face au changement climatique. Ils nous invitent surtout à changer de regard : l’eau ne doit plus être considérée comme une ressource disponible à l’infini, mais comme un bien précieux à préserver tout au long de l’année. L’importance des zones humides Cette réflexion ne doit pas s’éveiller uniquement lorsque les cours d’eau sont au plus bas ou lorsqu’un incendie se déclare. Elle s’inscrit au cœur de nos paysages, à travers la préservation et la restauration de zones humides. Ces écosystèmes jouent le rôle fondamental d’éponges naturelles. En période de fortes pluies ou de crues, elles absorbent les excès d’eau, ralentissent le ruissellement et stockent un maximum pour éviter l’inondation des infrastructures en aval. En période de sécheresse, elles restituent lentement l’eau emmagasinée, soutiennent le débit des rivières, maintiennent l’humidité des sols et rechargent les nappes phréatiques. En protégeant ces zones, nous créons des pares-feux naturels et préservons la biodiversité locale ; sans oublier leurs nombreux autres bienfaits, de l’épuration naturelle de l’eau au stockage massif du carbone, par exemple. Agir en amont pour renforcer notre résilience La gestion durable de l’eau nécessite une vision globale et proactive. Aménagement du territoire : maintenir des sols perméables pour favoriser l’infiltration à la source. Gestion des eaux pluviales : stocker et réutiliser l’eau de pluie au niveau individuel et collectif plutôt que de la rejeter directement aux égouts. Consommation raisonnée : adopter de petits gestes au quotidien, avant même l’apparition des arrêtés de restriction. Préserver l’eau aujourd’hui, c’est travailler à la résilience de notre territoire pour demain. Si vous souhaitez en savoir plus, nous vous invitons à découvrir la courte interview (RTBF) d’Aurore Dégré, Professeure en Hydrologie, Physique des sols, Conservation des sols: https://www.facebook.com/reel/919853874498801 Merci aux équipes de terrain Bravo à toutes les personnes mobilisées sur le terrain ces dernières semaines : pompiers, services communaux, agents DNF, agriculteurs, bénévoles, citoyens qui ont contribué à protéger les espaces naturels. L’eau est une ressource essentielle du quotidien. La réflexion autour de sa gestion et de sa protection doit l’être tout autant. C’est précisément l’un des rôles principaux des Contrats de Rivière en Wallonie : rassembler tous les acteurs du territoire pour se concerter, préserver et gérer durablement nos bassins versants au quotidien.
Pourquoi planter en bord de cours d’eau est important ?

Les formations boisées présentes le long des cours d’eau, appelées ripisylves, jouent un rôle essentiel dans le bon fonctionnement de nos rivières et ruisseaux. Pourtant, en Wallonie, ces milieux naturels ont souvent été fortement modifiés ou dégradés au fil du temps par l’urbanisation, l’intensification de l’agriculture ou encore par certains aménagements des cours d’eau et des plaines alluviales. Et pourtant, les ripisylves rendent de nombreux services indispensables à nos écosystèmes et à notre territoire. Un rôle dans la prévention des inondations La végétation ainsi que les bois morts présents dans les cours d’eau, contribuent localement à ralentir les écoulements et à retenir une partie de l’eau. Cela permet d’atténuer les pics de crue en aval lors d’épisodes de fortes pluies. Une protection naturelle contre l’érosion Les racines des arbres et arbustes renforcent naturellement la stabilité des berges en maintenant les sols en place. La végétation aide également à ralentir le courant et à limiter l’érosion des berges. Un refuge pour la biodiversité Située à la frontière entre le milieu aquatique et le milieu terrestre, la ripisylve constitue un habitat particulièrement riche pour de nombreuses espèces animales et végétales. Insectes, oiseaux, poissons, amphibiens ou petits mammifères y trouvent nourriture, abri et zones de reproduction.Une amélioration de la qualité de l’eau La végétation agit comme un véritable filtre naturel : elle piège une partie des sédiments en suspension et limite ainsi l’envasement des cours d’eau et des frayères à poissons. Elle contribue également à absorber certains nutriments en excès, comme l’azote ou le phosphore. Un atout face au changement climatique Le changement climatique entraîne notamment une augmentation de la température des cours d’eau ainsi qu’une multiplication des phénomènes extrêmes comme les sécheresses ou les inondations. Les ripisylves jouent ici encore un rôle important : elles apportent de l’ombrage, permettent de maintenir une température plus stable dans les rivières et participent à limiter les impacts de ces événements. Préserver, restaurer et entretenir les ripisylves permet donc d’agir concrètement en faveur de la qualité de nos cours d’eau, de la biodiversité et de la résilience de notre territoire face aux changements climatiques. Une ripisylve équilibrée est généralement composée de plusieurs strates de végétation : herbacée, arbustive et arborée, constituées d’espèces indigènes adaptées à nos milieux naturels. Article rédigé par Caroline Michaux, Chargée de mission Inondation
Retour sur l’édition 2026 des JWE!

Le mois dernier, les Journées Wallonnes de l’Eau ont une nouvelle fois rassemblé de nombreux participants autour de la découverte et de la sensibilisation à l’eau. Sur le sous-bassin de la Lesse, plus de 20 activités ont été proposées sur deux week-ends, réunissant plus de 450 participants. Balades, animations, rencontres, activités inédites et concours ont permis à chacun de se reconnecter à l’eau, de mieux comprendre ses enjeux et de prendre conscience de l’importance de la préserver. En parallèle, deux semaines d’activités scolaires ont permis de sensibiliser plus de 680 enfants, contribuant à transmettre ces enjeux essentiels dès le plus jeune âge. Ces moments d’échange et de découverte illustrent l’importance de rendre l’eau accessible à tous, dans une approche à la fois pédagogique et conviviale. Toutes nos félicitations aux gagnants de notre chasse aux teautems ainsi qu’à ceux du concours photos : Bernadette Merville & Joëlle Henry (prix du jury), Benjamin Debroux & Jacques Lemoine (prix du public).Nous remercions chaleureusement l’ensemble des participants, partenaires et organisateurs pour leur implication et leur énergie tout au long de cette édition. Rendez-vous l’année prochaine pour de nouveaux événements riches en découvertes et en partage. Découvrez la vidéo récapitulative des JWE 2026 ici