Rencontres sauvages: la mulette épaisse

La Mulette épaisse (Unio crassus) est un mollusque bivalve d’eau douce essentiel à l’équilibre des écosystèmes aquatiques. Sa coquille épaisse et robuste caractérise cette espèce. Elle prospère dans les rivières et ruisseaux clairs, peu profonds, avec un courant modéré et un fond sableux ou graveleux. En tant qu’organisme filtreur, elle purifie l’eau en se nourrissant de particules en suspension. Son cycle de vie est particulier : les larves (glochidies) se développent temporairement sur les branchies ou nageoires de poissons hôtes comme le vairon. Une fois métamorphosées, les jeunes moules se détachent pour s’enfouir dans le substrat. Cette dépendance rend l’espèce vulnérable car elle est intimement liée à la présence de ces poissons. Autrefois plus répandue, la mulette épaisse a subi un déclin drastique en Belgique. Sa présence est désormais très limitée, principalement à quelques cours d’eau de Wallonie où les conditions sont encore favorables. En Belgique, elle est fortement protégée. Elle figure à l’Annexe II de la Directive Habitats, ce qui en fait une espèce d’intérêt communautaire nécessitant la création de Zones Spéciales de Conservation (ZSC). En Wallonie, elle est classée “en danger critique d’extinction” ou “en danger” sur les listes rouges régionales. Les principales menaces sont la dégradation de la qualité de l’eau, la modification des habitats et la diminution des populations de poissons hôtes. Des efforts de conservation sont en cours pour restaurer ses habitats et sensibiliser à sa protection. Le Contrat de Rivière Lesse prospecte régulièrement ses cours d’eau à la recherche de cette précieuse moule afin de mettre en place des actions concrètes nécessaires à sa protection. Article rédigé par Merry Frère – Chargée d’inventaire et animations
Zones de baignade & bonnes pratiques estivales
Ahhh les vacances ! Un moment parfait pour se déconnecter des tracas du quotidien et se reconnecter à l’essentiel, à soi, à la nature… Dans ces moments, vous aurez peut-être envie de vous adonner à divers loisirs mais certains comportements peuvent couter cher, pour vous ainsi que pour la nature. Voici donc quelques petites explications utiles : Pêcher : le permis de pêche de la Région wallonne est obligatoire pour pêcher sur l’ensemble des cours d’eau de Wallonie (dans les pêcheries privées, le permis de pêche régional n’est habituellement pas indispensable). S’il s’agit d’un tronçon appartenant à une société de pêche privée, vous devrez également vous munir du permis spécifique. Attention, on ne pêche pas n’importe où, n’importe quoi et n’importe quand ! Pour toute question relative à la pêche en Wallonie ainsi que pour l’achat de permis, rendez-vous sur les sites : https://www.maisondelapeche.be/, https://www.parcoursdepeche.be/ et https://permisdepeche.be/fr Se baigner : sur notre sous-bassin, 3 zones de baignade officielles existent : la Lesse à Houyet, la Lesse à Pont-à-Lesse et le Centre Sportif de Libramont. Sur les tronçons officiels, la qualité des eaux de baignade est contrôlée hebdomadairement tout au long de la saison balnéaire. En cas d’échantillon non conforme aux normes, la zone est considérée comme impropre à la baignade et des mesures sont alors mises en place. On constate cependant que de nombreux autres endroits sont utilisés pour la baignade par les habitants et les touristes, sans garantie de qualité de l’eau (puisqu’il n’y a pas de contrôle), avec les risques pour la santé (gastro-entérite, salmonellose, etc.) et la sécurité (barrages, trous d’eau, différences de températures, racines…) que cela implique. Vous trouverez tous les détails via ce lien. Naviguer : si vous avez planifié de voguer sur nos cours d’eaux, il conviendra également de se renseigner au préalable sur les tronçons où la circulation des embarcations de loisirs est autorisée et sur les zones d’embarquement/débarquement autorisées. Ceci, dans le but d’éviter la dégradation des biotopes, de la flore, tant aquatique que rivulaire et un dérangement des espèces animales, lequel peut notamment compromettre leur reproduction. Se relaxer : faire sa vaisselle ou se laver dans la rivière est parfois la seule possibilité que vous avez. Or tout produit ménager déversé dans l’eau peut être néfaste pour la nature. Privilégiez donc d’effectuer cette action avec des substances biodégradables et si possible, utilisez une bassine remplie d’eau de rivière que vous jetterez ensuite dans la végétation. Pour la vaisselle, il est recommandé de faire bouillir votre eau avant d’effectuer de laver vos ustensiles (pour éviter les contaminations bactériennes). Bien que l’activité soit sympathique, sachez aussi que déplacer les cailloux et créer des tours ou des barrages mettent en danger les insectes et les mollusques qui vivent dessous. L’édification de barrages bloque les poissons dans des zones qui se réchauffent, ce qui peut être néfaste pour le poisson. Un grand nombre d’espèces vivent dans ou à proximité de la rivière: merci de respecter leur quiétude. Le principe du “Leave no trace”, c’est-à-dire, ne pas laisser de trace dans la nature après ton passage sera fortement appréciable!
Rencontres sauvages : la bergeronnette des ruisseaux
La bergeronnette des ruisseaux (Motacilla cinerea) est un oiseau élancé facilement reconnaissable à sa longue queue noire fréquemment agitée et à son plumage aux teintes grises et jaunes. Mesurant environ 18 cm, elle arbore une poitrine jaune vif et un dos gris-bleu, avec une ligne blanche bien marquée au-dessus de l’œil. Espèce inféodée aux milieux aquatiques, elle fréquente principalement les rivières et les ruisseaux clairs, aux berges pierreuses ou végétalisées. Elle y trouve ses proies favorites : insectes aquatiques, larves et petits invertébrés. Le nid, en forme de coupe, est construit par la femelle dans un trou de mur, sous un pont, dans une berge, dans une fissure de rocher, de bâtiment. Il est fait d’herbe, de mousse et de feuilles et l’intérieur est tapissé de fibres végétales, de poils… C’est un oiseau partiellement migrateur, présent toute l’année en Belgique, bien que certains individus descendent vers le sud en hiver. La bergeronnette des ruisseaux est un bon indicateur de la qualité des cours d’eau. En Belgique, elle reste relativement bien représentée, notamment en Ardenne et dans les zones vallonnées. Elle bénéficie d’un statut de protection à l’échelle européenne (directive Oiseaux). Article rédigé par Merry Frère, animatrice et chargée d’inventaire
De mon jardin au cours d’eau, il n’y a qu’un pas!
Les beaux jours nous donnent tous envie de mettre nos bottes au jardin : tondre la pelouse, replanter, désherber, préparer le potager, etc. Voici donc quelques informations et rappels utiles qui peuvent faire la différence. Les tontes de pelouse et autres dépôts végétaux Même si ces déchets sont biodégradables, ils peuvent poser de nombreux problèmes au niveau des cours d’eau et de leurs abords : ils polluent la rivière, ils contribuent à la pollution organique et accentuent le phénomène d’eutrophisation (prolifération de la végétation provoquant un appauvrissement du milieu en oxygène) ; ils provoquent une baisse de biodiversité (colmatage du lit du cours d’eau, prolifération d’orties, liserons, plantes invasives) ; ils peuvent menacer la stabilité des berges ; ils peuvent entraver le bon écoulement des eaux ; ils peuvent attirer des animaux indésirables. Les pesticides Les pesticides regroupent les produits phytopharmaceutiques, appelés PPP, utilisés principalement par les professionnels des espaces verts et du monde agricole, mais également par les particuliers, et les biocides (usage domestique et industriel) regroupant, les désinfectants, les répulsifs d’insectes, l’eau de javel, etc. Ces produits fongicides, herbicides ou insecticides ont pour but de lutter contre la propagation d’espèces animales ou végétales indésirables (insectes, champignons, etc.). Quels impacts sur la santé et l’environnement ? Ces produits peuvent causer de sérieux problèmes de santé par contact direct, propagation dans l’air, dans l’eau ou dans l’alimentation : symptômes digestifs, cutanés, respiratoires, neurologiques, perturbations endocriniennes, etc. Ils ont également un impact négatif sur l’environnement : pollution des eaux de surface et souterraines, infertilité des sols, destruction des habitats et des espèces animales et végétales… Quelle législation pour les pesticides ? Le Programme Wallon de Réduction des Pesticides (PWRP) a été initié en 2013 par le gouvernement. L’objectif principal de ce programme est d’utiliser les pesticides de façon plus raisonnée afin d’en réduire les risques et les effets sur la santé et l’environnement, en favorisant les techniques non-chimiques. Plus d’informations sur ce programme sur : www.pwrp.be Depuis le 1er janvier 2020, les particuliers ne sont plus autorisés à utiliser des herbicides de synthèse pour entretenir leur propriété. La pulvérisation en extérieur de produits ménagers de type eau de Javel, sel, vinaigre est également proscrite car néfaste pour les eaux de surface et souterraines. Ainsi, l’utilisation de pesticides dans les espaces suivants est interdite : Surfaces imperméables (allées de garage, parkings, trottoirs, terrasses…) reliées à un réseau de collecte des eaux (filet d’eau, égout, rivière…). Zones tampons sur terrain privé : – Zone de minimum 1 mètre (selon la pente) attenant à un trottoir. – Zone de minimum 6 mètres à partir de la crête de la berge d’une eau de surface (étang, cours d’eau, mare). – Distance d’1 mètre à partir de la crête d’un talus relié à un filet d’eau. De la même façon, depuis le 1er juin 2019, l’usage de produits phytopharmaceutiques est interdit sur l’ensemble des espaces publics. Les Communes wallonnes appliquent donc la politique « zéro pesticide » sur leur territoire. Par quoi les remplacer ? De nombreuses alternatives aux produits chimiques existent : désherbage thermique, débroussaillage, tonte, outils manuels, utilisation de paillages ou de plantes couvre-sol,… Mais avant toute intervention, il est nécessaire d’évaluer les nuisances. En effet, les végétaux généralement considérés comme « mauvaises herbes » sont souvent des plantes essentielles à de nombreux insectes. Vous pourrez trouver de nombreuses techniques alternatives sur le site de l’asbl Adalia 2.0 : www.adalia.be SOURCE : article rédigé par le Contrat de Rivière Meuse Aval et affluents