La végétalisation au bord des cours d’eau
La présence de plantes et d’arbres le long de nos rivières et ruisseaux est loin d’être un détail esthétique. Elle joue un rôle fondamental pour la santé de l’eau, des berges et de la biodiversité. Ce concept porte un nom : la ripisylve. Qu’est-ce que la ripisylve ? Le terme ripisylve désigne l’ensemble des formations végétales (arbres, arbustes, herbes) présentes sur les berges et les zones inondables bordant un cours d’eau. C’est en quelque sorte la forêt de la rivière. Cette bande végétalisée est vitale et remplit plusieurs fonctions écologiques essentielles telles que : la stabilisation des berges, la filtration, la création d’habitats, l’ombrage. Contrairement à une idée reçue, laisser les berges à nu n’est pas une solution : l’absence de racines favorise une érosion plus rapide du sol par le courant, menaçant la stabilité de la rive. De même, le dépôt des tontes de pelouse sur les berges est fortement déconseillé. En se décomposant, ces déchets verts libèrent des nutriments qui provoquent l’eutrophisation de l’eau (prolifération d’algues consommatrices d’oxygène) et étouffent la végétation indigène nécessaire à la stabilisation. Comment bien gérer la végétation des berges ? L’idéal est de stabiliser la berge avec des plantations, en privilégiant les essences indigènes naturellement adaptées à cet environnement humide, comme le saule et l’aulne. Pour renforcer l’efficacité des racines et éviter les chutes d’arbres, une technique de gestion courante est le recépage : Il s’agit de tailler les jeunes arbres ou arbustes au ras du sol ou à une faible hauteur. Au lieu de pousser en tronc unique, l’arbre réagit en produisant de nombreuses nouvelles tiges, formant un “buisson” dense. Ce mode de croissance permet de densifier l’enracinement et de rendre la berge plus solide. Souvent, on opte pour un mix entre cette technique (pour la densité racinaire au bord de l’eau) et le maintien de quelques arbres plus hauts (pour l’ombrage et l’habitat). Attention à la réglementation ! Il est important de noter que vous ne pouvez pas planter ou intervenir sur les berges comme bon vous semble. La réglementation impose des règles strictes pour les plantations, notamment une distance minimale de la crête de berge (la limite supérieure de la rive) qui peut varier. Ces travaux doivent être réalisés en collaboration avec le gestionnaire de cours d’eau local. N’hésitez donc pas à le contacter avant d’entamer des modifications.
25 ans de la Directive-Cadre sur l’Eau (DCE)

Cette année marque un tournant important pour la politique de l’eau en Europe: la Directive-Cadre sur l’Eau (DCE) fête ses 25 ans. Adoptée en 2000, cette directive européenne fixe un objectif clair et ambitieux: préserver et restaurer la qualité de toutes les eaux, qu’il s’agisse de rivières, de lacs, de zones humides ou encore des nappes souterraines. En Wallonie, la gestion de l’eau s’organise à travers les bassins hydrographiques. Tous les six ans, elle adopte de nouveaux plans de gestion qui définissent les actions à mener pour améliorer l’état des eaux. Nous sommes aujourd’hui à mi-parcours du troisième cycle couvrant la période 2022-2027. Des progrès, mais encore beaucoup de défis Malgré les avancées réalisées, plusieurs enjeux majeurs restent à relever pour atteindre les objectifs de la DCE : améliorer le traitement des eaux usées, réduire les pollutions industrielles, agricoles ou diffuses, restaurer les milieux aquatiques et leur continuité écologique, adapter la gestion de l’eau aux effets du changement climatique. Un engagement quotidien sur le terrain Partout en Wallonie, les Contrats de Rivière et leurs partenaires se mobilisent pour faire avancer ces objectifs. Leurs actions prennent des formes variées : suivi de la qualité des cours d’eau, projets de restauration écologique, réduction des sources de pollution, sensibilisation des citoyens, des écoles et des acteurs locaux. Ces efforts contribuent, pas à pas, à améliorer la santé de nos rivières et à garantir un accès durable à une eau de qualité. Si vous souhaitez en savoir plus ou consulter les données environnementales: https://etat.environnement.wallonie.be/home.html
Inondations: guide auto-diagnostic pour son habitation

Un guide pour faire soi-même le diagnostic de son habitation et se protéger des inondations Saviez-vous que près d’1/3 de la population wallonne habite dans une zone à risque d’inondation ! Chacun peut agir à son échelle pour lutter contre les inondations. Ce guide propose des solutions adaptées afin de protéger son habitation. Ensemble, nous avons tous un rôle à jouer ! Les inondations qui ont touché la Wallonie en 2021 ont marqué les esprits. En réponse à ces catastrophes, le Gouvernement a mis en place des mesures et dégagé des aides financières afin d’améliorer la résilience de notre territoire face aux inondations. Depuis 2021, une circulaire ministérielle pose les balises dans les outils d’aménagement du territoire pour les constructions et aménagements dans les zones soumises aux risques d’inondation et renforce les règles lors des demandes de permis d’urbanisme. Deux référentiels ont été édités par la Région Wallonne à destination des décideurs et porteurs de projets, le premier portant sur les constructions et aménagements en zone inondable, l’autre sur la gestion des eaux pluviales. Ils constituent deux outils techniques d’aide à la décision. Dans la continuité de ces référentiels, les Contrats de rivière de Wallonie et le Service Public de Wallonie (SPW) proposent aujourd’hui un Guide d’autodiagnostic de l’habitation face aux inondations. Ce dernier complète la brochure « Réduire la vulnérabilité des constructions existantes » éditée par le SPW. Ce guide est conçu sous forme de questionnaire permettant à chacun d’identifier les faiblesses éventuelles de son bâti face aux inondations et d’envisager des solutions techniques. L’objectif est de proposer des interventions accessibles au plus grand nombre et qui répondent à un besoin spécifique. Certaines solutions sont simples à mettre en place en situation d’urgence et peu couteuses, d’autres sont plus durables et plus onéreuses et demandent l’intervention d’un professionnel dans certains cas. Dans un premier temps se pose la question du risque d’inondation en fonction de la localisation de la maison (gardons en tête que le risque zéro n’existe pas.). Ensuite, tous les éléments structurels de la maison, les réseaux techniques, les ouvertures sont passés en revue pour évaluer le risque d’entrée d’eau, ainsi que la résistance des matériaux à l’eau. La manière dont sont conçus les abords de la maison joue aussi un rôle dans la résilience de la parcelle et du bâti : surfaces perméables, présence de zones tampons de stockage et favorisant l’infiltration de l’eau (mares, haies, …). La sécurité est également abordée : fixation des objets mobiles susceptibles de faire des dégâts importants ou mise à l’abri des produits dangereux pour éviter de provoquer des pollutions … Le guide d’autodiagnostic constitue donc une première approche personnalisée pour améliorer la résilience de sa maison face aux inondations. Des fiches techniques illustrées et de nombreuses références permettent au lecteur d’identifier clairement les actions à mettre en place. Afin de mieux s’approprier l’outil et d’illustrer les mesures proposées avec des exemples concrets, les Contrats de Rivières organiseront à l’automne des séances d’infos partout en Wallonie. Restez connectés ! Pour consulter le guide en ligne: https://ediwall.wallonie.be/guide-d-autodiagnostic-de-mon-habitation-face-aux-inondations-forces-faiblesses-et-protection-de-mon-habitation-2025-135814?sku=135814_0 Celui-ci sera également bientôt disponible au sein de votre administration communale.
Etang: focus sur la mise en assec

Au fil des années, un étang s’envase naturellement. Ce phénomène correspond à l’accumulation progressive de vase au fond du plan d’eau : un mélange de matière organique (feuilles mortes, débris végétaux, excréments piscicoles…), de particules minérales et de micro-organismes. Plus cette vase est riche en matière organique, plus elle consomme d’oxygène et devient instable. En moyenne, un étang peut recevoir de 0,5 à 2 cm de vase par an, selon plusieurs facteurs : les matières en suspension venues de l’amont (érosion, ruissellement) une surcharge organique (nourrissage, fientes, feuilles…), un plan d’eau trop fermé, avec peu de brassage. Quand l’étang s’étouffe Les signes d’un envasement avancé ne trompent pas : prolifération d’algues et de plantes aquatiques (comme les lentilles d’eau) ; mauvaises odeurs (gaz issus de la décomposition, comme le méthane ou le sulfure d’hydrogène) ; eau trouble et appauvrie en oxygène ; mortalité de poissons ; diminution de la biodiversité ; perte de volume utile et échauffement plus rapide de l’eau. Entretenir son étang Pour éviter cela, un entretien régulier est indispensable : enlever chaque année les feuilles, branches et débris accumulés. Mais pour les grands étangs (plusieurs centaines de m²), cette méthode ne suffit pas. Deux options existent : 1) Le curage : consiste à retirer mécaniquement la vase à l’aide d’une pelleteuse ou de pompes aspirantes. Cette solution, bien qu’efficace, reste coûteuse et pose des questions d’accès et d’évacuation des boues. 2) La mise en assec : une alternative plus douce et naturelle. Elle consiste à vider temporairement l’étang (partiellement ou totalement, souvent en hiver) pour exposer le fond à l’air pendant quelques semaines. Ce repos forcé permet à la nature de faire son travail : dégradation d’une partie de la matière organique ; réduction des nutriments (azote, phosphore) responsables de l’eutrophisation ; retour de la biodiversité (plantes pionnières, amphibiens, oiseaux d’eau…) ; possibilité de réaliser des travaux d’entretien (curage léger, réparation de digues, gestion de la végétation). Avant toute mise en assec, il faut bien sûr prévoir le transfert ou le sauvetage des poissons et amphibiens présents dans l’étang. Après la remise en eau Une fois rempli à nouveau, l’étang retrouve un milieu plus oxygéné, plus stable et mieux équilibré. La végétation aquatique se réinstalle, les sédiments se fixent, et le rythme d’envasement ralentit durablement. Résultat : la mise en assec permet souvent de repousser de plus de dix ans la nécessité d’un curage complet, tout en redonnant vie au plan d’eau.