Démarrage du chantier pour ZIT à Grupont (Tellin)

À la suite des inondations de 2021, la commune de Tellin souhaitait s’engager dans une démarche proactive et durable de gestion du risque inondation, reposant sur 3 piliers :
Vivre avec le castor

Le castor est une espèce de rongeur indigène: présent dans toute l’Europe jusqu’au Moyen-Âge, il a peu à peu disparu, pourchassé pour sa fourrure et son castoréum (sécrétion odorante utilisée en parfumerie). Il a fini par disparaitre complètement de Belgique vers 1850 avant de revenir en force sur notre territoire via une colonisation naturelle depuis l’Allemagne et des réintroductions illégales dans les années 90. Mais pourquoi cet animal engendre tant de réactions? Cela tient du fait qu’il va modifier profondément son milieu de vie tout comme les humains et dans un territoire où l’homme s’est approprié chaque parcelle, cela génère forcément des conflits. Pourtant, au final, le castor ne fait que construire son habitat (terrier ou hutte), assurer sa sécurité grâce à des barrages (maintenir l’entrée de son logis sous eau) et gérer ses ressources alimentaires (couper des grands arbres pour éclaircir et laisser pousser de jeunes plants). Il est vrai que son activité se heurte à l’occupation par l’homme: exploitation forestière, parcours de pêche, parcelles agricoles voire zone urbanisée. Cela peut générer des désagréments, parfois des frictions et remet sur la table la question du partage de l’espace. Vivre avec un castor comme voisin n’est pas toujours simple. Pourtant, la destruction de ses barrages n’est qu’une solution à (très) court terme: parfois difficile à réaliser (accès machine, quantité de matière, etc.), le castor n’hésitera pas à reconstruire encore et encore son ouvrage. Piéger les individus n’est pas plus efficient. Cela soulève d’abord la question du lieu de relâchement de l’animal capturé et, à plus long terme, n’empêche pas la recolonisation du site: un autre castor finira tôt ou tard par s’installer dans la zone. Au final, il est important d’arriver à cohabiter avec lui : protéger les arbres que l’on souhaite conserver avec du grillage à poule, réguler le niveau des barrages vie des cages de Morency ou gérer les débordements peuvent être des solutions pour vivre avec le castor. Toutefois, même si les aspects négatifs ne sont pas toujours négligeables, la cohabitation avec le castor peut nous apporter de nombreux bénéficies : Pour la biodiversité: les zones créées par le castor contiennent une mosaïque de situations et de micro-habitats aquatiques ou semi-aquatiques. Habitats qui sont en régression partout ailleurs. Pour lutter contre les sécheresses et les incendies: en stockant de l’eau, les barrages de castor permettent de réhydrater les sols et maintenir un niveau d’eau en aval lors des périodes d’étiages. De plus, en maintenant les fonds de vallées hydratés, le castor va limiter la propagation des feux de forêts et créer des zones refuges pour la faune. Pour lutter contre les inondations : l’eau est ralentie, s’infiltre dans le sol, en somme elle dévale moins vite et en moindre quantité plus bas dans la vallée. Pour la qualité de l’eau: retenue par les barrages, des eaux chargées (engrais, pesticides, égouts) s’épurent naturellement par un effet lagunage et cela limite l’eutrophisation de nos rivières. Pour réapprendre à partager le territoire: le castor nous enseigne de manière très visible que nous ne sommes pas les seuls en tant qu’être humain à occuper le sol, laisser la place à la nature est essentiel. Pour rappel, le castor et son habitat restent protégés en Belgique. Au final, le castor nous met au défi: se questionner sur notre accaparation de l’espace et sur le fait de lâcher prise pour que la nature reprenne ses droits dans certaines étendues.
La végétalisation au bord des cours d’eau
La présence de plantes et d’arbres le long de nos rivières et ruisseaux est loin d’être un détail esthétique. Elle joue un rôle fondamental pour la santé de l’eau, des berges et de la biodiversité. Ce concept porte un nom : la ripisylve. Qu’est-ce que la ripisylve ? Le terme ripisylve désigne l’ensemble des formations végétales (arbres, arbustes, herbes) présentes sur les berges et les zones inondables bordant un cours d’eau. C’est en quelque sorte la forêt de la rivière. Cette bande végétalisée est vitale et remplit plusieurs fonctions écologiques essentielles telles que : la stabilisation des berges, la filtration, la création d’habitats, l’ombrage. Contrairement à une idée reçue, laisser les berges à nu n’est pas une solution : l’absence de racines favorise une érosion plus rapide du sol par le courant, menaçant la stabilité de la rive. De même, le dépôt des tontes de pelouse sur les berges est fortement déconseillé. En se décomposant, ces déchets verts libèrent des nutriments qui provoquent l’eutrophisation de l’eau (prolifération d’algues consommatrices d’oxygène) et étouffent la végétation indigène nécessaire à la stabilisation. Comment bien gérer la végétation des berges ? L’idéal est de stabiliser la berge avec des plantations, en privilégiant les essences indigènes naturellement adaptées à cet environnement humide, comme le saule et l’aulne. Pour renforcer l’efficacité des racines et éviter les chutes d’arbres, une technique de gestion courante est le recépage : Il s’agit de tailler les jeunes arbres ou arbustes au ras du sol ou à une faible hauteur. Au lieu de pousser en tronc unique, l’arbre réagit en produisant de nombreuses nouvelles tiges, formant un “buisson” dense. Ce mode de croissance permet de densifier l’enracinement et de rendre la berge plus solide. Souvent, on opte pour un mix entre cette technique (pour la densité racinaire au bord de l’eau) et le maintien de quelques arbres plus hauts (pour l’ombrage et l’habitat). Attention à la réglementation ! Il est important de noter que vous ne pouvez pas planter ou intervenir sur les berges comme bon vous semble. La réglementation impose des règles strictes pour les plantations, notamment une distance minimale de la crête de berge (la limite supérieure de la rive) qui peut varier. Ces travaux doivent être réalisés en collaboration avec le gestionnaire de cours d’eau local. N’hésitez donc pas à le contacter avant d’entamer des modifications.
25 ans de la Directive-Cadre sur l’Eau (DCE)

Cette année marque un tournant important pour la politique de l’eau en Europe: la Directive-Cadre sur l’Eau (DCE) fête ses 25 ans. Adoptée en 2000, cette directive européenne fixe un objectif clair et ambitieux: préserver et restaurer la qualité de toutes les eaux, qu’il s’agisse de rivières, de lacs, de zones humides ou encore des nappes souterraines. En Wallonie, la gestion de l’eau s’organise à travers les bassins hydrographiques. Tous les six ans, elle adopte de nouveaux plans de gestion qui définissent les actions à mener pour améliorer l’état des eaux. Nous sommes aujourd’hui à mi-parcours du troisième cycle couvrant la période 2022-2027. Des progrès, mais encore beaucoup de défis Malgré les avancées réalisées, plusieurs enjeux majeurs restent à relever pour atteindre les objectifs de la DCE : améliorer le traitement des eaux usées, réduire les pollutions industrielles, agricoles ou diffuses, restaurer les milieux aquatiques et leur continuité écologique, adapter la gestion de l’eau aux effets du changement climatique. Un engagement quotidien sur le terrain Partout en Wallonie, les Contrats de Rivière et leurs partenaires se mobilisent pour faire avancer ces objectifs. Leurs actions prennent des formes variées : suivi de la qualité des cours d’eau, projets de restauration écologique, réduction des sources de pollution, sensibilisation des citoyens, des écoles et des acteurs locaux. Ces efforts contribuent, pas à pas, à améliorer la santé de nos rivières et à garantir un accès durable à une eau de qualité. Si vous souhaitez en savoir plus ou consulter les données environnementales: https://etat.environnement.wallonie.be/home.html