Rencontres sauvages : la bergeronnette des ruisseaux

La bergeronnette des ruisseaux (Motacilla cinerea) est un oiseau élancé facilement reconnaissable à sa longue queue noire fréquemment agitée et à son plumage aux teintes grises et jaunes. Mesurant environ 18 cm, elle arbore une poitrine jaune vif et un dos gris-bleu, avec une ligne blanche bien marquée au-dessus de l’œil. Espèce inféodée aux milieux aquatiques, elle fréquente principalement les rivières et les ruisseaux clairs, aux berges pierreuses ou végétalisées. Elle y trouve ses proies favorites : insectes aquatiques, larves et petits invertébrés. Le nid, en forme de coupe, est construit par la femelle dans un trou de mur, sous un pont, dans une berge, dans une fissure de rocher, de bâtiment. Il est fait d’herbe, de mousse et de feuilles et l’intérieur est tapissé de fibres végétales, de poils… C’est un oiseau partiellement migrateur, présent toute l’année en Belgique, bien que certains individus descendent vers le sud en hiver. La bergeronnette des ruisseaux est un bon indicateur de la qualité des cours d’eau. En Belgique, elle reste relativement bien représentée, notamment en  Ardenne et dans les zones vallonnées. Elle bénéficie d’un statut de protection à l’échelle européenne (directive Oiseaux). Article rédigé par Merry Frère, animatrice et chargée d’inventaire

De mon jardin au cours d’eau, il n’y a qu’un pas!

Les beaux jours nous donnent tous envie de mettre nos bottes au jardin : tondre la pelouse, replanter, désherber, préparer le potager, etc. Voici donc quelques informations et rappels utiles qui peuvent faire la différence. Les tontes de pelouse et autres dépôts végétaux Même si ces déchets sont biodégradables, ils peuvent poser de nombreux problèmes au niveau des cours d’eau et de leurs abords : ils polluent la rivière, ils contribuent à la pollution organique et accentuent le phénomène d’eutrophisation (prolifération de la végétation provoquant un appauvrissement du milieu en oxygène) ; ils provoquent une baisse de biodiversité (colmatage du lit du cours d’eau, prolifération d’orties, liserons, plantes invasives) ; ils peuvent menacer la stabilité des berges ; ils peuvent entraver le bon écoulement des eaux ; ils peuvent attirer des animaux indésirables. Les pesticides Les pesticides regroupent les produits phytopharmaceutiques, appelés PPP, utilisés principalement par les professionnels des espaces verts et du monde agricole, mais également par les particuliers, et les biocides (usage domestique et industriel) regroupant, les désinfectants, les répulsifs d’insectes, l’eau de javel, etc. Ces produits fongicides, herbicides ou insecticides ont pour but de lutter contre la propagation d’espèces animales ou végétales indésirables (insectes, champignons, etc.). Quels impacts sur la santé et l’environnement ? Ces produits peuvent causer de sérieux problèmes de santé par contact direct, propagation dans l’air, dans l’eau ou dans l’alimentation : symptômes digestifs, cutanés, respiratoires, neurologiques, perturbations endocriniennes, etc. Ils ont également un impact négatif sur l’environnement : pollution des eaux de surface et souterraines, infertilité des sols, destruction des habitats et des espèces animales et végétales… Quelle législation pour les pesticides ? Le Programme Wallon de Réduction des Pesticides (PWRP) a été initié en 2013 par le gouvernement. L’objectif principal de ce programme est d’utiliser les pesticides de façon plus raisonnée afin d’en réduire les risques et les effets sur la santé et l’environnement, en favorisant les techniques non-chimiques. Plus d’informations sur ce programme sur : www.pwrp.be Depuis le 1er janvier 2020, les particuliers ne sont plus autorisés à utiliser des herbicides de synthèse pour entretenir leur propriété. La pulvérisation en extérieur de produits ménagers de type eau de Javel, sel, vinaigre est également proscrite car néfaste pour les eaux de surface et souterraines. Ainsi, l’utilisation de pesticides dans les espaces suivants est interdite : Surfaces imperméables (allées de garage, parkings, trottoirs, terrasses…) reliées à un réseau de collecte des eaux (filet d’eau, égout, rivière…). Zones tampons sur terrain privé : – Zone de minimum 1 mètre (selon la pente) attenant à un trottoir. – Zone de minimum 6 mètres à partir de la crête de la berge d’une eau de surface (étang, cours d’eau, mare). – Distance d’1 mètre à partir de la crête d’un talus relié à un filet d’eau. De la même façon, depuis le 1er juin 2019, l’usage de produits phytopharmaceutiques est interdit sur l’ensemble des espaces publics. Les Communes wallonnes appliquent donc la politique « zéro pesticide » sur leur territoire. Par quoi les remplacer ? De nombreuses alternatives aux produits chimiques existent : désherbage thermique, débroussaillage, tonte, outils manuels, utilisation de paillages ou de plantes couvre-sol,… Mais avant toute intervention, il est nécessaire d’évaluer les nuisances. En effet, les végétaux généralement considérés comme « mauvaises herbes » sont souvent des plantes essentielles à de nombreux insectes. Vous pourrez trouver de nombreuses techniques alternatives sur le site de l’asbl Adalia 2.0 : www.adalia.be SOURCE : article rédigé par le Contrat de Rivière Meuse Aval et affluents

Jardiner sans espèce exotique envahissante

Un geste simple mais important pour la biodiversité ! Avec l’arrivée des beaux jours, l’envie d’embellir son jardin ou son balcon se fait sentir. On se rend dans les jardineries, on feuillette les catalogues, on cherche une plante facile, décorative, à croissance rapide. Mais attention : certaines de ces plantes, pourtant vendues légalement, peuvent devenir de véritables menaces pour notre environnement. Des plantes séduisantes… mais à risque ! Vous connaissez peut-être l’arbre à papillons (buddléia), le lupin, le rhododendron pontique, le sumac de Virginie ou encore la vigne vierge… Ces plantes aux fleurs colorées et au charme indéniable sont couramment utilisées dans les aménagements de jardins, de façades ou de talus. Pourtant, il s’agit d’espèces exotiques envahissantes. Introduites hors de leur milieu d’origine, elles peuvent se propager rapidement dans la nature et déséquilibrer nos écosystèmes. Il suffit parfois de peu : une plante qui s’échappe du jardin, des déchets de taille déposés dans la nature, et la colonisation commence. Résultat : ces espèces prennent le dessus sur la flore locale (disparation de la flore indigène), appauvrissent les habitats naturels, perturbent le cycle de l’eau et peuvent même représenter un risque pour la santé ou les infrastructures. Comment agir ? Mieux choisir, mieux planter La bonne nouvelle, c’est qu’il est tout à fait possible d’avoir un jardin à la fois esthétique, fleuri et respectueux de l’environnement. Tout commence par le choix des bonnes plantes. Certaines jardineries et pépinières engagées, labellisées par l’ASBL Adalia 2.0, accompagnent leurs clients vers des alternatives locales, mellifères et non invasives. C’est notamment le cas grâce à la charte “Végétal d’ici“, lancée en 2023. Ce label garantit la production locale d’espèces indigènes (arbres, arbustes, plantes herbacées) adaptées aux conditions de notre territoire. Les objectifs de la charte “Végétal d’ici” : garantir au client des plants de qualité issus d’une production locale, favoriser l’utilisation de semences indigènes, mieux adaptées à la Wallonie, valoriser le savoir-faire des producteurs locaux, réduire l’empreinte écologique par la production en circuit court, protéger la biodiversité en évitant la pollution génétique liée aux plants importés. Des alternatives pour un jardin vivant  Vous aimez les papillons ? Remplacez le buddléia par des espèces locales riches en nectar comme la scabieuse, l’échinacée ou le sureau noir. Vous souhaitez des talus ou des pelouses fleuris ? Optez pour une prairie fleurie avec des graines locales, idéales pour accueillir insectes pollinisateurs et oiseaux. En évitant les espèces invasives et en plantant local, vous créez un refuge pour la faune et la flore indigènes et vous participez à la préservation du patrimoine naturel wallon. Plus d’infos : Plantons local et indigène avec le label « Végétal d’ici » | Adalia

Rencontres sauvages: le triton

Les tritons de Belgique, des espèces précieuses à protéger La Belgique abrite quatre espèces de tritons : crêté, alpestre, palmé et ponctué. Ces amphibiens semi-aquatiques jouent un rôle essentiel dans les écosystèmes, notamment en régulant les populations d’insectes aquatiques et terrestres. Le triton crêté (Triturus cristatus) est le plus rare et le plus menacé. Impressionnant par sa taille (jusqu’à 16 cm) et la spectaculaire crête dorsale que le mâle arbore en période de reproduction, ce triton est très sensible à la dégradation de son habitat. Il nécessite des mares profondes, riches en végétation aquatique et peu perturbées. L’urbanisation, l’intensification agricole et la pollution ont fragmenté et réduit drastiquement ses zones de reproduction. À l’opposé, le triton alpestre (Ichthyosaura alpestris) est le plus commun du pays. Plus petit, au dos gris bleuté et au ventre orange vif, il s’adapte plus facilement à différents types de plans d’eau. Sa relative tolérance aux changements de milieu explique sa présence plus fréquente.  La présence des tritons est un indicateur de la bonne santé des milieux humides. Leur préservation passe par la conservation des zones humides, la création de mares écologiques, et la limitation des polluants. En Belgique, il est strictement interdit de capturer, déplacer ou déranger ces espèces. Leur protection est l’affaire de tous, car préserver les tritons, c’est aussi préserver la biodiversité locale. Vous pourrez les observer dans les différents plans d’eau de mars jusqu’au mois de juin (période de reproduction). Ils quitteront ensuite ces endroits pour opter pour un mode de vie terrestre. Ils rejoindront forêts, bocages et prairies où ils passeront une vie paisible. On les retrouvera souvent sous des pierres et des bois humides, ou encore dans des cavités durant la période d’hibernation. Article rédigé par Merry Frère, animatrice et chargée d’inventaire