Formation des ouvriers communaux en tant qu’éco-cantonnier

Un premier cycle de formation réussi et de nouveaux en préparation! Lancé en novembre 2025 par le Contrat de Rivière Lesse et ses partenaires, le projet pilote « Éco-cantonnier » s’est achevé après plusieurs mois de formation et d’échanges. Au total, neuf modules ont permis aux ouvriers communaux et aux agents des communes participantes d’acquérir de nouvelles connaissances pour mieux comprendre les phénomènes d’inondation et intervenir à l’échelle du bassin versant. Les participants ont ainsi abordé des thématiques variées telles que le ruissellement, les aménagements favorables à la gestion de l’eau, l’analyse de situations de terrain, la gestion des embâcles, la cohabitation avec le castor ou encore la reconnaissance et la gestion des espèces exotiques envahissantes. Ce projet a également permis de renforcer les échanges entre les communes de Beauraing, Houyet, Marche-en-Famenne et Rochefort, ainsi qu’avec de nombreux partenaires tels que Natagriwal, GISER (Gestion Intégrée Sol Erosion-Ruissellement), la DCENN (Service Public de Wallonie), Natagora, le Contrat de Rivière Senne et le Contrat de Rivière Lesse. Une dynamique de collaboration essentielle pour développer une approche cohérente de la gestion des inondations à l’échelle du territoire. Et maintenant ? Ce premier cycle n’est qu’une étape. Les enseignements tirés de cette expérience seront prochainement présentés aux Contrats de Rivière de Wallonie, avec l’ambition de développer cette initiative dans d’autres sous-bassins. Sur le territoire de la Lesse, un nouveau cycle de formation sera proposé aux autres communes partenaires dès 2027, tandis que les premiers éco-cantonniers bénéficieront de modules complémentaires afin de poursuivre le développement de leurs compétences. Parce que face aux défis liés aux inondations, la formation, le partage d’expériences et la coopération restent des leviers essentiels pour construire des territoires plus résilients.
Il y a 5 ans, les inondations…

En juillet 2026, la Wallonie a tristement commémoré les cinq ans des inondations qui ont profondément marqué notre territoire. Ces événements restent gravés dans la mémoire de nombreux citoyens, mais ils rappellent également l’importance de poursuivre les efforts engagés pour mieux prévenir les risques et renforcer la résilience de nos territoires. Depuis fin décembre 2023, les Contrats de Rivière de Wallonie se sont vu confier une mission supplémentaire : développer et travailler sur la résilience du territoire face aux inondations. Voici ci-dessous un explicatif de cette mission : Développer la mémoire du risque Avec le temps, les souvenirs s’estompent. Pourtant, se souvenir des événements passés est indispensable pour mieux préparer l’avenir. La prise de conscience favorise la prévention, aide à faire les bons choix et permet de réduire notre vulnérabilité. Après une crue, on estime que la mémoire des inondations peut s’effacer progressivement au bout d’une dizaine d’années. Si après 5 années, les événements sont encore bien frais dans notre mémoire, qu’en sera-t-il dans quelques années, pour les nouveaux habitants ou simplement les promeneurs de passages dans notre région… Il est normal que la mémoire de ces événements s’efface, mais il est aussi important d’en garder une trace et de pouvoir visualiser concrètement ce qui a déjà eu lieu par le passé. C’est dans cet esprit que le Service public de Wallonie propose les repères de crue. Ces plaques, apposées sur les bâtiments ayant été touchés par une inondation, indiquent le niveau atteint par les eaux. Elles constituent un témoignage visible des événements passés et rappellent que le risque existe, même lorsque les traces de la crue ont disparu. Des outils concrets pour le citoyen La culture du risque passe aussi par des outils simples et accessibles. Les Contrats de Rivière de Wallonie ont ainsi développé plusieurs supports destinés à accompagner les citoyens : Autant d’outils qui ont un même objectif : mieux comprendre les mécanismes des inondations afin d’être mieux préparés.
Alerte sur les potentielles Espèces Exotiques Envahissantes : la vanille d’eau, une magnifique plante aquatique venue d’Afrique du Sud

Cette plante avec son doux nom latin d’Aponogeton distachyos, fait des fleurs étonnantes, à forte odeur de vanille. Utilisée comme ornement dans les points d’eau, elle possède de longues feuilles flottantes et fines pouvant atteindre jusqu’à 30 cm de longueur. Ses fleurs blanches ou roses pâles émergent au-dessus de l’eau sur de longues tiges, généralement à la fin du printemps et en été. Ses feuilles peuvent faire penser à nos potamots indigènes mais, alors que les nervures sont parallèles chez les potamots, elles sont perpendiculaires chez la vanille d’eau. Ce détail permet de les distinguer. Bien que cette plante soit en vente, nos collègues du LIFE RIPARIAS l’ont placée sur une liste d’alerte : encore peu répandues sur le territoire, ces plantes sont cependant connues pour être envahissantes dans les zones voisines. Elles méritent donc toute notre attention : comme nous vous l’avions déjà indiqué, une vigilance active des points existants et une détection précoce de nouveaux foyers d’implantation permet d’évaluer son expansion et prévenir de sa dispersion. Si cette surveillance prouve le caractère invasif alors la plante pourrait passer dans la liste des espèces préoccupantes en Wallonie voire même dans le règlement de l’UE. Pour rappel, les espèces reprises dans cette liste ne peuvent plus être importées en Europe, transportées, mises en vente, échangées, mises en situation de se reproduire ou introduites dans la nature. Ce n’est pas encore le cas pour la vanille d’eau mais comme d’autres plantes et animaux, elle mérite qu’on y réfléchisse : est-ce qu’il n’y a pas une espèce indigène qui remplit le même rôle? Y-a-t-il un risque que la plante se répande dans la nature? Quel sera l’impact sur votre plan d’eau à long terme? Tout cela est crucial pour préserver la biodiversité locale, protéger la santé publique et limiter les coûts économiques futurs. Photo: CR Senne – Article rédigé par Quentin Pirotte, Chargé de mission EEE
Pourquoi planter en bord de cours d’eau est important ?

Les formations boisées présentes le long des cours d’eau, appelées ripisylves, jouent un rôle essentiel dans le bon fonctionnement de nos rivières et ruisseaux. Pourtant, en Wallonie, ces milieux naturels ont souvent été fortement modifiés ou dégradés au fil du temps par l’urbanisation, l’intensification de l’agriculture ou encore par certains aménagements des cours d’eau et des plaines alluviales. Et pourtant, les ripisylves rendent de nombreux services indispensables à nos écosystèmes et à notre territoire. Un rôle dans la prévention des inondations La végétation ainsi que les bois morts présents dans les cours d’eau, contribuent localement à ralentir les écoulements et à retenir une partie de l’eau. Cela permet d’atténuer les pics de crue en aval lors d’épisodes de fortes pluies. Une protection naturelle contre l’érosion Les racines des arbres et arbustes renforcent naturellement la stabilité des berges en maintenant les sols en place. La végétation aide également à ralentir le courant et à limiter l’érosion des berges. Un refuge pour la biodiversité Située à la frontière entre le milieu aquatique et le milieu terrestre, la ripisylve constitue un habitat particulièrement riche pour de nombreuses espèces animales et végétales. Insectes, oiseaux, poissons, amphibiens ou petits mammifères y trouvent nourriture, abri et zones de reproduction.Une amélioration de la qualité de l’eau La végétation agit comme un véritable filtre naturel : elle piège une partie des sédiments en suspension et limite ainsi l’envasement des cours d’eau et des frayères à poissons. Elle contribue également à absorber certains nutriments en excès, comme l’azote ou le phosphore. Un atout face au changement climatique Le changement climatique entraîne notamment une augmentation de la température des cours d’eau ainsi qu’une multiplication des phénomènes extrêmes comme les sécheresses ou les inondations. Les ripisylves jouent ici encore un rôle important : elles apportent de l’ombrage, permettent de maintenir une température plus stable dans les rivières et participent à limiter les impacts de ces événements. Préserver, restaurer et entretenir les ripisylves permet donc d’agir concrètement en faveur de la qualité de nos cours d’eau, de la biodiversité et de la résilience de notre territoire face aux changements climatiques. Une ripisylve équilibrée est généralement composée de plusieurs strates de végétation : herbacée, arbustive et arborée, constituées d’espèces indigènes adaptées à nos milieux naturels. Article rédigé par Caroline Michaux, Chargée de mission Inondation