Espèces Exotiques Envahissantes : pourquoi votre vigilance compte ?
On vous en parle très régulièrement dans notre newsletter : les espèces exotiques envahissantes font désormais partie de notre quotidien. N’oublions pas qu’elles constituent l’un des principaux facteurs directs de perte de biodiversité.
Un règlement existe au niveau européen (Règlement UE n°1143/2014 relatif à la prévention et à la gestion de l’introduction et de la propagation des espèces exotiques envahissantes). Celui-ci énonce les règles visant à prévenir, réduire au minimum et atténuer les effets néfastes des Espèces Exotiques Envahissantes (EEE).

Mis à jour régulièrement, ce règlement a encore intégré de nouvelles espèces en 2025, parmi lesquelles la crassule des étangs (Crassula helmsii), l’écrevisse calicot (Faxonius immunis) ou le frelon géant (Vespa mandarinia).
Le règlement européen repose sur trois piliers :
• la prévention : codes de conduite, campagnes de communication, etc. ;
• la surveillance : monitoring par des professionnels ou par les citoyens (sciences participatives) ;
• la gestion selon des priorités établies ;
En Belgique, chaque région a transposé ce règlement dans sa propre législation. Un comité de coopération et un secrétariat national ont toutefois été mis en place afin de faciliter la coordination entre les différents acteurs.
Il est important de préciser que certaines espèces ne sont pas forcément problématiques en Belgique, mais le sont dans d’autres régions d’Europe. Notre climat hivernal empêche en effet certaines espèces invasives de s’installer ou de se reproduire, contrairement aux régions méditerranéennes. D’autres ne sont tout simplement pas encore arrivées sur notre territoire. Malheureusement, le changement climatique pourrait modifier cette situation…
Chez nous, le cas du rosier rugueux (Rosa rugosa) illustre bien ces différences territoriales : couramment utilisé comme plante ornementale en Wallonie, il s’avère très invasif chez nos voisins flamands, notamment dans les dunes du littoral où sa propagation est particulièrement problématique.
Certaines espèces invasives sont installées en Wallonie depuis longtemps (berce du Caucase, balsamine de l’Himalaya, écrevisse signal) ou se répandent très rapidement (raton laveur, moule zébrée) : on parle alors d’espèces invasives répandues.
« À l’inverse, d’autres espèces exotiques sont encore peu présentes chez nous mais présentent un fort potentiel invasif : on les qualifie d’espèces émergentes (myriophylle du Brésil, lysichiton américain, xénope lisse…). »
Cette distinction est essentielle : si les premières ne peuvent être gérées qu’au prix d’efforts considérables, les secondes pourraient encore être éradiquées, ou au minimum contenues, grâce à des interventions rapides. D’où l’importance de votre vigilance: plus tôt une EEE émergente est signalée, plus sa gestion sera efficace.
N’hésitez pas à encoder vos observations sur observation.be ou sur le site dédié de la Wallonie :
https://observatoire.biodiversite.wallonie.be/enquetes/enquete.aspx?id=6
Pour en savoir plus, consultez également :
https://biodiversite.wallonie.be/home/agir/especes-exotiques-envahissantes.html
Rédigé par Quentin Pirotte, chargé EEE
